Plus d’incidents haineux rapportés depuis la tuerie à la Grande Mosquée

MONTRÉAL — Les appels pour rapporter des crimes et des incidents haineux ont monté en flèche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence dans l’année qui a suivi l’attaque à la Grande Mosquée de Québec, a fait savoir le directeur général du centre.

Herman Deparice-Okomba est toutefois d’avis que cela ne signifie pas une augmentation des crimes et incidents haineux contre les musulmans.

Il croit que les citoyens, qui ont vu des personnes tuées sous les balles le 29 janvier 2017, ne veulent pas prendre de chance et dénoncent davantage.

En chiffres, le résultat est le suivant: le centre rapporte 17 appels en 2015 à ce sujet, 52 en 2016 et 166 en 2017.

La majorité de ces appels ont été faits en raison de menaces ou de propos haineux tenus contre les musulmans spécifiquement, a précisé M. Deparice-Okomba.

L’an dernier, une quinzaine d’appels ont d’ailleurs été référés à la police, a ajouté le directeur général.

Le centre est contacté lorsque des gens entendent des propos inquiétants ou voient ce qu’ils considèrent être des menaces contre une communauté ou un groupe.

Avant la tuerie à la Grande Mosquée, si les gens pouvaient avoir tendance à banaliser ces propos, ou à penser que ce n’était le fait que de quelques «égarés», ce n’est plus le cas maintenant, dit-il. Selon M. Deparice-Okomba, l’augmentation est due à la stratégie de prévention et communication mise en place depuis trois ans, par laquelle le centre incite les gens à rapporter tous les incidents racistes, homophobes ou antisémites dont ils sont témoins.