La poursuite allègue que Sabrine Djermane, âgée de 21 ans, et El Mahdi Jamali, âgé de 20 ans, voulaient quitter le Canada pour joindre les rangs de Daech (le groupe armé État islamique) et qu’ils avaient réuni les ingrédients nécessaires pour fabriquer une bombe.

Plaidoiries finales au procès pour terrorisme d'un couple à Montréal

MONTRÉAL – Le jury a commencé à entendre, lundi, les plaidoiries finales au procès de deux jeunes étudiants montréalais accusés de terrorisme, et la Couronne a demandé aux jurés de regarder le tableau d’ensemble de toute la preuve.

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, qui étudiaient au collège de Maisonneuve, ont plaidé non coupable, le 20 avril, aux accusations d’avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l’étranger, de possession d’une substance explosive dans un dessein dangereux, et d’avoir commis un acte au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste. Un quatrième chef d’accusation d’avoir facilité un acte terroriste a été abandonné en cours de procès.

La poursuite allègue que Sabrine Djermane, âgée de 21 ans, et El Mahdi Jamali, âgé de 20 ans, voulaient quitter le Canada pour joindre les rangs de Daech (le groupe armé État islamique) et qu’ils avaient réuni les ingrédients nécessaires pour fabriquer une bombe. La Gendarmerie royale du Canada avait arrêté le couple en avril 2015, «par mesure préventive», les autorités craignant qu’ils ne commettent un crime de nature terroriste. Les autorités avaient été prévenues par un proche que les deux jeunes planifiaient de quitter le Canada incessamment.

Comme le prévoit le Code criminel lorsque la défense n’appelle pas de témoins, c’est la Couronne qui a commencé, lundi, à présenter ses plaidoiries finales; la défense devrait prendre la parole plus tard cette semaine, pour cette étape qui devrait durer quatre jours.

La procureure fédérale Lyne Décarie a soutenu devant les onze jurés qu’elle avait présenté la preuve promise au début du procès en septembre. Lors de ces plaidoiries initiales, elle avait résumé l’affaire en quelques éléments-clés: le groupe État islamique, un jeune couple qui souhaitait joindre cette organisation à l’étranger pour faire le djihad, et la découverte d’une recette et de certains ingrédients pour fabriquer une bombe. Mme Décarie a soutenu lundi que ce synopsis tenait toujours la route.

La poursuite a appelé à la barre 31 témoins et produit de nombreuses preuves matérielles. Me Décarie a demandé aux jurés de prendre en compte l’ensemble de la preuve, en se rappelant du contexte et de la chronologie des pièces à conviction. Ainsi, a-t-elle dit, une pile ou des clous peuvent être des objets usuels dans une résidence. Mais dans les tiroirs des accusés, ces objets deviennent des éléments compromettants si l’on retrouve aussi chez eux la copie manuscrite d’une recette de bombe artisanale, a plaidé Me Décarie.

Il en va de même pour la suppression d’informations sur un téléphone intelligent - un geste banal pour l’honnête citoyen, mais qui peut devenir louche si on le fait tout juste après une première rencontre avec la police, a plaidé la procureure.

La Couronne a aussi mis l’accent sur les finances personnelles du jeune couple - les deux accusés avaient brusquement vidé leur compte de banque et épuisé complètement leurs marges de crédit lorsqu’on les a arrêtés.