Des images de l'accident du 15 juillet dernier, à Stoneham.
Des images de l'accident du 15 juillet dernier, à Stoneham.

Piéton happé mortellement à Stoneham: le conducteur arrêté

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
Les agents de la Sûreté du Québec ont procédé à l’arrestation de François Levasseur, impliqué dans l’accident qui a coûté la vie à Philippe Verreault le 15 juillet, à Stoneham. 

La veille de son anniversaire, Philippe Verreault, 26 ans, est sorti de la microbrasserie La Souche et a marché avec un groupe d’amis sur le bord de la 1ère avenue. Une voiture l’a alors renversé. Il est mort sur le coup. 

Au lendemain de l’accident, la SQ indiquait déjà que la vitesse et l’alcool pouvaient être en cause.

François Levasseur, âgé de 25 ans, se trouvait derrière le volant. Il avait été grièvement blessé dans l’accident.

Comme son état s’est amélioré depuis, il a été arrêté vendredi matin pour conduite dangereuse ayant causé la mort. Il est rencontré par les enquêteurs et comparaîtra vendredi après-midi par vidéocomparution.

Il sera accusé de conduite dangereuse causant la mort et de conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool causant la mort.

Dans le même bar

François Levasseur travaillait à la microbrasserie La Souche de Stoneham, où il s’affichait comme embouteilleur sur sa page Facebook, maintenant inaccessible. 

Selon nos sources, il était aux cuisines le soir de l’accident et il serait resté prendre un verre après le boulot. Il se serait assis à une table près de celle Philippe Verreault, avec qui il avait des amis en commun.   

Toujours selon nos sources, plus tard dans la soirée, M. Levasseur aurait quitté la microbrasserie en voiture pour se rendre ailleurs. Puis, il serait repassé sur la 1re Avenue devant le stationnement du Club de Golf Stoneham, à côté du stationnement de La Souche, où la collision s’est produite. 

Juste avant l’impact, Philippe Verreault marchait seul en bordure de la route. Selon nos sources, il se dirigeait vers la voiture du conducteur désigné qui était garée au stationnement du golf. Il se serait trouvé à quelques mètres derrière ses amis lorsqu'il a été happé par la voiture de François Levasseur.  

Selon nos sources, François Levasseur aurait roulé à haute vitesse. Les amis de Philippe Verreault auraient à peine eu le temps de crier pour l’alerter avant l’accident.   

M. Verrault n’a eu aucune chance. «L’impact a été extrêmement violent», indique Marc-Antoine Tremblay, superviseur à la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ).  

Condamné pour alcool au volant en 2017  

François Levasseur n’en était pas à ses premiers démêlés avec la justice. En janvier 2017, il avait été condamné pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. L’infraction remontait à octobre 2016. Elle avait eu lieu sur la route de l’Église, à Québec.  

Après sa condamnation, François Levasseur s’était vu interdire de conduire durant un an. Après trois mois, il avait eu la permission de prendre le volant avec un antidémarreur éthylométrique. 

Philippe Verreault, 26 ans, a tragiquement perdu la vie le 15 juillet dernier. 

Un vide immense

La mort de Philippe Verreault laisse un vide immense dans le cœur de ses proches. Enjoué, charismatique et généreux, M. Verreault était très apprécié dans son entourage.  

«Phil, t’avais besoin d’une seule rencontre, un seul moment avec lui, pour être touché à jamais», dit Mandy Savard-Bouchard, qui était la collègue de Philippe Verreault au Shaker de Charlesbourg. Elle se souvient à quel point M. Verreault était apprécié des clients du bar, charmés par son sourire magnétique.  

«Il nous laisse des belles leçons, ajoute Mme Savard-Bouchard. C’est quelqu’un qui mordait dans la vie. Il vivait sa vie à 100 milles à l’heure. Il était passionné, heureux. Tout ce qu’il faisait le rendait heureux. Il était rempli de joie de vivre».  

Samuel V. Duchesne avait rencontré Philippe Verrault au travail il y a une dizaine d’années. «Phil était un gars rassembleur qui ne laissait personne indifférent donc nous étions toujours en contact», indique-t-il. «Sa bonne humeur, [sa] joie de vivre, son sourire parfait. Aucune méchanceté ni haine en lui».   

Colocataire de M. Verreault, Anthony Hérisset avait passé toute la période du confinement avec lui dans la maison de Stoneham où ils habitaient. Ils avaient passé des mois à s'entraîner dans leur gym intérieur et avaient adopté un chien.  

«Phil, c’était comme mon petit frère, dit M. Hérisset. Il avait une grande joie de vivre qui était contagieuse sur tout le monde. Il était rassembleur et il était capable de faire ressortir le meilleur de chacun. Très festif, notre meilleur ami de party, il était vraiment drôle. Tout qu’un showman». 

Le jour de l’accident, M. Hérisset se trouvait en Gaspésie. Philippe Verreault l’avait appelé pour prendre de ses nouvelles. «Il était enjoué, vraiment heureux, relate Anthony Hérisset. Je lui ai envoyé quelques photos. Et ses derniers mots à moi ont été : “je suis content pour toi mon frère”.»

Une piste en son honneur

Le décès de Philippe Verreault a causé une onde de choc à Stoneham, le jeune homme était bien connu pour ses talents de skieur, il était d’ailleurs entraîneur au club de ski Stoneham. Des démarches sont présentement entamées pour nommer une pente à la montagne en son honneur. 

Quelques jours après la mort du jeune homme, une marche silencieuse en sa mémoire a été organisée à la station touristique Stoneham. Plusieurs amis, collègues et jeunes skieurs y ont participé. 

L’entourage de Philippe souhaite aussi qu’une partie de la 1ère Avenue soit renommée en son nom, là où le tragique accident s’est déroulé. «Pour se souvenir», expriment les proches.