Pierre Paul-Hus, vice-président du Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale à la Chambre des Communes, a été choqué en lisant le plus récent rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.
Pierre Paul-Hus, vice-président du Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale à la Chambre des Communes, a été choqué en lisant le plus récent rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Pierre Paul-Hus dénonce que Gallese pouvait voir des femmes pour du sexe

L’agente de libération conditionnelle qui a développé une «stratégie» permettant à Eustachio Gallese de rencontrer des femmes «seulement afin de répondre à [ses] besoins sexuels» a envoyé un meurtrier vers des femmes vulnérables, dénonce le député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus.

M. Paul-Hus, qui est vice-président du Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale à la Chambre des Communes, a été choqué d’apprendre l’existence de ladite stratégie dans le plus récent rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) concernant Gallese. 

«C’est complètement fou de dire à un homme comme ça : “Va voir une prostituée, ce n’est pas grave!”. On ne peut pas accepter ça», dit Pierre Paul-Hus.

À «quelqu’un comme ça, qui est allé en dedans parce qu’il a tué une femme, qui a des pulsions sexuelles, qui est dangereux, dire : “Ah, c’est pas grave, monsieur, allez-y, ça va vous faire du bien”, ça ne marche pas», ajoute-t-il.

Accusé du meurtre de Marylène Lévesque, 22 ans, mercredi soir, dans un hôtel de Sainte-Foy, Eustachio Gallese avait tué sa conjointe en 2004. En semi-liberté après avoir purgé 15 ans de prison, il présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC). 

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) savait que Gallese entretenait des relations «inappropriées» avec des femmes. Mais cela ne l’a pas empêchée de prolonger la semi-liberté de l’homme de 51 ans, lui permettant d’habiter dans une maison de transition. 

Dans son rapport, la Commission note, en s’adressant à Gallese, que «l’audience a permis de réaliser que vous entreteniez, et ce, bien qu’en ayant obtenu l’accord de votre ÉGC, des relations avec des femmes que la Commission juge plutôt inappropriées».

Pour Pierre Paul-Hus, la signification est claire. On lui a «permis d’avoir des relations sexuelles avec des prostituées. C’est ce que ça veut dire, finalement». Ce faisant, la commission a en quelque sorte «considéré que les prostituées ne sont pas à risque», dit M. Paul-Hus. 

La victime, Marylène Lévesque, travaillait comme masseuse dans un salon de massage érotique de Québec. Gallese, qui avait été «barré» du salon, aurait offert à la jeune femme 2000 $ pour aller la rejoindre dans une chambre de l’Hôtel Sépia. C’est à cet endroit qu’elle a été tuée. 

Manon massé «écœurée»

Vendredi, la députée solidaire Manon Massé a été choquée pour des raisons similaires à celles de M. Paul-Hus. Ça «m’écœure de penser qu’on a laissé une jeune femme être exposée, sans aucune surveillance, à un homme potentiellement violent et dangereux pour sa sécurité, un homme qui a été reconnu coupable en 2006 d’avoir tué son ex-conjointe à coups de marteau, et condamné à la prison à vie», a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) s’est aussi dite stupéfaite qu’il ait été permis à Gallese de rencontrer des femmes pour assouvir ses besoins sexuels. «En d’autres mots, on aurait accepté de se servir de femmes dans l’industrie du sexe pour vérifier la capacité de cet homme ayant fait montre d’une violence meurtrière envers les femmes par le passé de réintégrer la société!», a estimé la CLES.

Selon Diane Matte, cofondatrice de la CLES, «il nous faut, comme société, sortir de la prostitution, car sa banalisation tue des femmes de tout âge». 

Vendredi, Geneviève Ricard, porte-parole de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, a indiqué au Soleil que la «Commission ne peut commenter aucun cas particulier, en vertu de la Loi sur les renseignements personnels».

De manière générale, Mme Ricard souligne que le processus décisionnel de la Commission «est très rigoureux et structuré et s’appuie sur une évaluation approfondie du risque de récidive que présente le délinquant». 

En 2018-19, 99,9 % des délinquants en semi-liberté ont complété leur période de supervision sans avoir été condamné pour une nouvelle infraction violente, fait-elle valoir. 

De son côté, Pierre Paul-Hus promet de déposer une motion en chambre le plus rapidement possible pour convoquer la Commission des libérations conditionnelles devant le Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale afin que les responsables du dossier de Gallese s’expliquent. 

En chambre, M. Paul-Hus compte aussi interpeller le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, à propos de la semi-liberté accordée à Gallese.