Photo indécente vue par sa belle-fille: une bourde «techno», non du leurre informatique

Un homme qui avait rendu disponible par inadvertance une photo de son pénis à sa belle-fille vient d’être acquitté de leurre informatique.

Sans même avoir besoin de délibérer, le juge Pierre-L. Rousseau de la Cour du Québec a prononcé l’acquittement, affirmant croire l’accusé de 41 ans, sans antécédent judiciaire, qui plaidait l’erreur «techno» de bonne foi.

Septembre 2015. Hugues* s’ennuie de sa conjointe, partie à Blanc-Sablon sur la Côte-Nord pour le travail. Disant vouloir pimenter leur relation de couple — ils sont ensemble depuis cinq ans —, Hugues envoie à son amoureuse une photo de son pénis.

La conjointe reçoit la photo le soir même. Sans grande réaction; ce n’est pas son type de jeu érotique, dira-t-elle à la cour. 

Le lendemain, la belle-fille de Hugues tombe sur la photo, conservée dans la photothèque de la tablette électronique de Hugues. «Je lui ai tout de suite écrit : “What the fuck?”» explique l’adolescente.

Le beau-père explique à la jeune fille que la photo était destinée à sa conjointe et il supprime aussitôt l’image.

Environ six mois plus tard, le jeu se répète alors que la conjointe est cette fois à Gatineau. Hugues prend avec son téléphone cellulaire une nouvelle photo de son pénis en érection. Cette fois-ci, Hugues a attaché sur le gland une petite culotte en dentelle, trouvée dans la salle de bain. Hugues dira qu’il croyait que c’était la culotte de sa conjointe. Le dessous appartenait plutôt à l’adolescente.

Alors qu’il est à rédiger un message pour accompagner la photo, Hugues réalise que les photos de son téléphone cellulaire sont synchronisées avec les autres appareils Apple de la maisonnée, dont le iPod de sa belle-fille. Il efface la photo.

L’adolescente, qui regardait son iPod durant une pause à l’école, aura toutefois le temps de voir la photo quelques secondes. Très troublée d’apercevoir sa petite culotte, elle appelle aussitôt sa mère et refuse de rentrer chez elle de peur de voir Hugues.

La relation entre Hugues et sa conjointe se terminera quelques jours plus tard.

Le juge Rousseau a rappelé que les deux photos au cœur de l’accusation de leurre informatique n’étaient pas les premières que l’accusé envoyait à sa conjointe. Le magistrat est convaincu qu’elles n’étaient pas destinées à l’adolescente, mais bien à la mère.

Acquitté de contacts sexuels

Hugues était aussi accusé de contacts sexuels sur deux adolescentes de 14 ans, copines de sa belle-fille. L’accusé était le seul adulte responsable, chez lui, lors d’un party, en septembre 2015, où les cinq adolescentes ont consommé beaucoup d’alcool en cachette de leurs parents.

Une adolescente alléguait que Hugues lui avait touché les fesses alors qu’une autre prétendait que l’homme avait touché ses seins sous sa brassière et glissé sa main sur le devant de son string.

Aux yeux de la poursuite, Hugues a profité d’adolescentes vulnérables, en état d’ébriété.

L’accusé répliquait que le seul contact qu’il avait eu avec une adolescente ce soir-là était d’avoir mis une serviette humide sur le front et d’avoir frotté le dos d’une jeune fille qui vomissait.

Le juge Rousseau a retenu les multiples contradictions des adolescentes, questionnées par l’avocat de Hugues, Me Yves Savard. 

Le juge a aussi blanchi Hugues des accusations de contacts sexuels, soulignant que rien dans son témoignage ne permettait d’écarter sa version.

* Nom fictif