Des documents perquisitionnés par l'UPAC dans les bureaux du parti libéral ont dû être retirés en raison du secret professionnel.

Perquisition au PLQ: des documents confidentiels exclus de la preuve

Le secret professionnel entre un avocat et son client a aussi été invoqué pour retirer 65 documents perquisitionnés par l'UPAC dans les bureaux du Parti libéral du Québec en 2014.
Par voie de communiqué, mardi, le PLQ a révélé l'information et a soutenu le faire «en toute transparence et compte tenu de l'actualité récente». 
La semaine dernière, le patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, a expliqué que l'ex-grand argentier libéral Marc Bibeau a longuement ralenti son enquête par une requête similaire qui empêchait l'utilisation de documents-clés. 
Le PLQ assure qu'aucun délai du genre n'a découlé de sa propre requête. Une entente est intervenue avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans les mois qui ont suivi la perquisition pour faciliter l'identification des documents confidentiels. Un juge de la Cour supérieure a jugé de la nature confidentielle des documents. 
«Le PLQ réitère qu'il a toujours collaboré aux enquêtes menées par les autorités compétentes et qu'il entend continuer de le faire», a écrit le directeur de communications du PLQ, Maxime Roy, mardi. 
Au Parti Québécois, le leader parlementaire Pascal Bérubé laisse entendre que le PLQ a publié son communiqué parce que des journalistes étaient sur l'affaire. Il estime que le DPCP devrait expliquer son entente avec le PLQ par souci de «transparence et de meilleure compréhension». M. Bérubé veut «s'assurer que le PLQ ne nuit pas aux enquêtes». «Il y a beaucoup de questions, a déclaré M. Bérubé. On a la version du PLQ, on aimerait avoir celle du DPCP.»
À la Coalition avenir Québec (CAQ), le député Simon Jolin-Barrette estime que le PLQ devrait autoriser l'utilisation des documents confidentiels. «Pourquoi le PLQ ne veut-il pas transmettre cette information-là? demande le député. Qu'est-ce que le PLQ a à cacher? Il doit s'expliquer sur les raisons pour lesquelles il invoque le secret professionnel.»
Le député solidaire Amir Khadir rejette la thèse de la «transparence» pour la publication du communiqué «quand le PLQ met trois ans pour rendre ces faits publics». Le malheur des sinistrés ne peut permettre au premier ministre Philippe Couillard de faire «diversion», a-t-il dit. « Espérait-il que dévoiler en catimini ces manoeuvres judiciaires diminuerait le caractère désespéré des tentatives du PLQ d'échapper à la justice?», a demandé M. Khadir. 
Au DPCP, le porte-parole Jean-Pascal Boucher s'est abstenu de commenter le dossier.