L'élève du Séminaire des Pères Maristes est cependant coupable de leurre informatique, possession et distribution de pornographie juvénile. Les représentations sur la peine sont prévues au début juin.

Pères Maristes: un des accusés acquitté d'agression sexuelle

L’un des cinq accusés du Séminaire des Pères Maristes a été acquitté de l’accusation d’agression sexuelle. Le juge évalue que le jeune homme était sincère lorsqu’il disait croire que l’adolescente consentait aux attouchements.

Marc-Antoine*, aujourd’hui âgé de 14 ans, a admis avoir demandé des photos osées et une vidéo très explicite à sa copine Mélissa*. Il est donc coupable de leurre informatique, possession et distribution de pornographie juvénile. Les représentations sur la peine sont prévues au début juin.

Le garçon niait toutefois avoir agressé sexuellement son amie Juliette*, une autre plaignante dans l’histoire des photos.

Le jeune homme reconnaissait avoir, à plusieurs reprises, touché les fesses et les cuisses de Juliette, âgée de 13 ans comme lui au moment des gestes. Il affirme que l’adolescente souriait et riait. Les seuls moments où elle semblait réticente, dit-il, c’est lorsqu’il lui flattait la cuisse en classe. 

Au procès, Juliette a affirmé qu’elle avait dit à Marc-Antoine de cesser de la toucher. Ce refus ne se retrouve pas dans ses quatre déclarations à la police. La jeune fille a du mal à situer dans le temps le début des attouchements.

Le juge Dominic Pagé de la Chambre de la jeunesse constate que la jeune fille n’a visiblement pas consenti à chacun des gestes puisqu’elle retirait la main du garçon lorsqu’il flattait sa cuisse en classe. Mais elle a aussi dit, note le juge, que les gestes ne la dérangeaient pas au début. Juliette est restée amie avec Marc-Antoine jusqu’à la dénonciation du leurre informatique, en avril 2018. 

La jeune fille et l’adolescent ont eu certains rapprochements qui ont pu laisser croire au défendeur que son amie consentait et même qu’elle appréciait les caresses, fait remarquer le juge.

«L’ensemble de la preuve tend à démontrer que le défendeur s’est mépris quant aux véritables intentions de la plaignante, rendant vraisemblable la défense de croyance sincère, mais erronée au consentement», a conclut le juge Pagé.

Après le verdict d’acquittement, la jeune plaignante est sortie en écrasant ses larmes. À l’extérieur de la salle d’audience, sa mère a violemment apostrophé le père d’un autre accusé, lui aussi ex-élève des Maristes, venu assister au verdict. «Tu fais quoi ici, à nous écœurer? criait la dame. Nos enfants ne sont pas assez “scrap” de même?»

* Prénoms fictifs. L’identité des accusés et des plaignants en chambre de la Jeunesse est protégée par une ordonnance de non-publication.