Père adoptif et agresseur

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
En plein processus d’adoption, un homme de Lévis a agressé sexuellement la fille de sa conjointe à de multiples reprises, durant deux ans. Il a été condamné mardi à 40 mois de prison.

L’individu de 34 ans, que nous ne pouvons nommer pour protéger l’identité de l’enfant, aujourd’hui âgée de 11 ans, a plaidé coupable à des agressions sexuelles répétées.

L’accusé a connu sa conjointe en 2013. La fillette avait alors cinq ans.

Deux ans plus tard, l’homme dénonce le fait qu’il a touché l’enfant aux parties génitales lors d’un épisode de sexsomnie, une forme de somnambulisme, qui ne fait pas l’unanimité dans le milieu scientifique.

La conjointe croit à l’accident et l’enfant ne peut verbaliser grand chose. L’accusation sera retirée.

L’homme entreprend par la suite des démarches pour adopter légalement la fille de sa conjointe.

La preuve révèle que pendant que les autorités étudiaient son dossier de père désirant adopter, l’homme multipliait les gestes d’agression sur la fillette, alors âgée de huit à neuf ans.

Les gestes, essentiellement de masturbation, se répétaient au rythme d’environ deux par mois et survenaient lorsque l’homme gardait l’enfant. Les deux s’installaient dans la chambre principale et se déshabillaient pour regarder des films. 

L’homme a pu adopter la petite fille en 2018. Environ un an plus tard, l’enfant dénonçait les gestes à sa mère. Le processus judiciaire s’est alors enclenché et la famille a éclaté.

En acceptant le plaidoyer de culpabilité, le juge Sébastien Proulx de la Cour du Québec n’a pas manqué de souligner la circonstance aggravante du processus d’adoption. «Pendant qu’il était sous étude pour l’adoption de l’enfant, il berne les gens de la DPJ en posant des gestes très intrusifs, note le juge. C’est inacceptable et intolérable.»

La procureure de la Couronne Me Valérie Lahaie et l’avocat de la défense MHugo Blanchette, représenté mardi par son collègue Me Félix-Antoine Turmel-Doyon, ont suggéré l’imposition d’une peine de 40 mois. La suggestion a été entérinée par le tribunal.

Une fois soustraite la détention provisoire, l’individu, sans antécédent judiciaire, sera derrières les barreaux pour une période d’environ 23 mois.

Il sera par la suite en probation pour trois ans et devra observer une série de conditions pour l’empêcher d’être en contact avec des mineurs en plus de se soumettre à une thérapie pour troubles sexologiques.