Peine de six ans au pénitencier pour un trafiquant d’origine viêtnamienne

Les juges trouvent parfois les suggestions de peine des avocats trop clémentes. Ou trop sévères. Celle faite par la défense pour un trafiquant d’origine vietnamienne était «ridicule», estime le juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure.

Tan Hai Nguyen, 47 ans, a été déclaré coupable par un jury le 2 juillet de complot en vue de trafic de drogue, trafic, possession de métamphétamines et possession en vue de trafic de cannabis.

Le Montréalais a été arrêté en 2017 lors du projet d’enquête Offusquer.

La preuve amassée par la Sûreté du Québec, retenue par le jury, révèle que Tan Hai Nguyen était le contact et le fournisseur de Jonathan-Pierre Fontaine, un trafiquant de cannabis et de métamphétamines de la Côte-Nord. En l’espace de trois mois, Fontaine a visité Nguyen à 19 reprises dans la métropole.

Les policiers ont trouvé des listes de comptabilité de plusieurs milliers de dollars chez Nguyen.

En janvier 2018, Tan Hai Nguyen a été condamné à une peine de 22 mois pour une production de cannabis datant de 2014. C’est le seul antécédent judiciaire de l’individu sans emploi connu.

Écart dans les requêtes

Pour le trafic d’une drogue dure comme les métamphétamines, la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine réclamait une peine de sept ans de pénitencier. Le complice Jonathan-Pierre Fontaine, qui a une longue feuille de route, a écopé de six ans et demi.

L’avocat de Tan Hai Nguyen, Me Jean-Roch Parent, évalue que, vu la courte durée du crime, le temps passé sous garde par son client depuis février 2017, est suffisant. La défense suggère donc une ordonnance de probation de deux ans.

C’est cette suggestion que le juge Raymond W. Pronovost qualifiera de «ridicule» dans sa décision sur la peine. Les différentes listes de comptabilité saisies chez l’accusé démontrent qu’il n’est pas un petit trafiquant ou un petit financier, mais bien l’opérateur d’un commerce assez lucratif, tranche le juge.

Les facteurs de dissuasion, d’exemplarité et de dénonciation doivent prévaloir en matière de commerce illégal de drogue, rappelle le juge, surtout dans les cas où il n’y a aucune preuve de réhabilitation.

Tan Hai Nguyen est donc condamné à six ans de pénitencier, peine de laquelle il faut déduire une douzaine de journées de détention provisoire.