Paul Mukendi au palais de justice de Québec, jeudi dernier

Paul Mukendi remis en liberté durant l’appel

Le révérend Paul Mukendi, condamné à huit ans de pénitencier pour des agressions sexuelles répétées sur une ancienne fidèle, est remis en liberté durant les procédures d’appel.

Le juge Jocelyn F. Rancourt de la Cour d’appel indique que les motifs d’appel du verdict de culpabilité présentés par l’avocate de Paul Mukendi dépassent le critère de non-futilité édicté par la Cour suprême.

En juin, Mukendi, 42 ans, a été déclaré coupable par un jury d’agressions sexuelles, de voies de fait armées et ayant causé des lésions et de menaces sur une ancienne fidèle. Les crimes ont commencé alors que la victime avait 15 ans et ont duré une douzaine d’années.

La défense pointe ce qu’elle qualifie d’erreurs de droit du juge de la Cour supérieure qui a présidé le procès, notamment dans le dépôt de preuves décrivant le caractère de l’accusé et sa propension à la violence.

Cette preuve est en principe interdite et pourrait, potentiellement, mener à une ordonnance de nouveau procès, signale le juge Rancourt qui évite de se prononcer sur le fond du débat.

Les conditions

Le révérend Mukendi devra s’engager pour une somme de 50 000 $ et déposer un montant de 5000 $. 

Il devra aussi respecter toutes ses conditions de remise en liberté, notamment ne pas présenter de demande de passeport, ne pas se trouver à l’adresse de la victime ou à son lieu de culte, ne pas posséder d’arme.

La Cour d’appel refuse de modifier la condition de remise en liberté qui empêche le révérend d’occuper un emploi le plaçant en relation de confiance avec des mineurs.

Paul Mukendi demandait le retrait de cette condition qui l’empêche de prêcher en présence de mineurs. On ne peut empêcher un pasteur de prêcher, plaidait son avocate. 

«L’appelant oublie que les crimes perpétrés à l’égard de la victime l’auraient été dans un contexte d’abus de confiance et d’autorité et qu’il se serait servi de son statut d’homme de Dieu et de chef de son église (Parole de vie) pour les commettre», rappelle le juge Rancourt, en rejetant la demande.