Le pasteur baptiste Claude Guillot
Le pasteur baptiste Claude Guillot

Pasteur baptiste Claude Guillot: le recours collectif des anciens élèves rejeté

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
L’Église baptiste et Claude Guillot ne feront pas face à un recours collectif. La Cour supérieure n’autorise pas la poursuite de groupe intentée par d’anciens élèves du pasteur qui l’accusent de sévices physiques et psychologiques. Chacune des victimes présumées devra mener son combat individuellement.

«Bien que la situation vécue par les personnes visées par la présente demande mérite toute compassion, elles ne peuvent être autorisées à exercer l’action collective envisagée, puisque les conditions nécessaires à l’exercice d’un tel recours ne sont pas rencontrées», écrit la juge Johanne April dans sa décision publiée lundi. Donc : «Le tribunal rejette la demande d’autorisation d’exercer une action collective.»

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Selon la juge, les faits reprochés au pasteur Guillot diffèrent trop d’un ancien élève à l’autre pour qu’un groupe puisse être constitué. Aussi, les sévices dénoncés auraient été perpétrés dans des contextes différents et dans des lieux différents; à l’école de l’Église de Victoriaville pour certains, dans l’école clandestine du sous-sol de la résidence de Québec du pasteur pour d’autres. Durant les années 1980 pour les premiers, durant les années 2000 pour les autres.

Pour expliquer sa décision, la juge April cite notamment le récent rejet du recours collectif que voulait mener un groupe de victimes alléguées contre le fondateur du festival Juste pour rire Gilbert Rozon. «Les éléments essentiels des réclamations affichent un caractère unique et individualisé, il s’agit de gestes reprochés et de dommages propres à chaque personne, à chaque victime, n’ayant rien d’un exercice commun à toutes.»

Réclamation

La poursuite de groupe réclamait «l’indemnisation d’enfants qui ont été victimes d’abus et du silence de corporations religieuses qui avaient connaissance de ces abus commis par l’un des leurs», résumait la collègue journaliste Isabelle Mathieu en septembre. La juge Johanne April avait alors entendu les argumentaires des deux parties sur l’autorisation du recours collectif au palais de justice de Québec.

Les demandeurs espéraient obtenir pour eux-mêmes et pour chaque ancien élève de Guillot à Québec et Victoriaville une somme globale de 2 millions $, dont 500 000 $ en dommages punitifs.

Les ex-élèves voulaient poursuivent conjointement Claude Guillot, son église baptiste de Québec-Est, l’Église baptiste évangélique de Victoriaville et l’Association des églises baptistes évangéliques du Québec.

Johanne April a également rejeté le recours collectif contre ces institutions.

Elle souligne cependant qu’elle ne porte aucun jugement sur le fonds, sur le bien-fondé des dénonciations. Seulement, le recours collectif ne serait pas le bon véhicule pour obtenir justice.

Claude Guillot doit également répondre d’accusations criminelles dans ce dossier.

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