Ugo Fredette est accusé du meurtre sans préméditation de son ex-conjointe.

Pas de nouvelle accusation contre Ugo Fredette

Ugo Fredette, l'homme de 41 ans qui a été à l'origine de la plus longue alerte Amber de l'histoire du Québec il y a un peu moins de deux semaines, s'est présenté le dos voûté, fixant le sol, et n'a jamais levé les yeux lors de sa première apparition en cour, lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.
«Il a l'attitude qui vient avec ce qu'on le soupçonne d'avoir fait», a laconiquement indiqué son avocat, Me Pierre Gauthier, à la sortie de l'audience.
Son client a formellement été accusé du meurtre sans préméditation de son ex-conjointe, Véronique Barbe, après qu'une évaluation psychiatrique l'eut estimé apte à comparaître.
L'homme avait été hospitalisé en Ontario à la suite d'une tentative de suicide subséquente à son arrestation.
Aucune nouvelle accusation n'a été portée contre lui.
Mort d'Yvon Lacasse
Le procureur de la Couronne au dossier a précisé qu'il devrait prendre position d'ici un mois quant à d'éventuelles accusations en lien avec la mort du septuagénaire Yvon Lacasse.
«Nous n'avons pas la divulgation complète de la preuve. Avant de se positionner, on attend un retour d'expertise : il faut avoir un portrait global de la situation», a expliqué Me Steve Baribeau. Le dossier a été reporté au 31 octobre, moment où la divulgation de la preuve devrait être terminée.
Aucune accusation n'a été portée non plus en lien avec l'enlèvement du fils de six ans de l'accusé, qui avait été retrouvé sain et sauf le 15 septembre après une cavale de 24 heures, bien que cette possibilité ne soit pas écartée par la Couronne.
«Nous allons prendre le temps de regarder tout ça avec soin à tête reposée lorsque nous aurons le portrait global de la preuve», a dit Me Baribeau, répétant à quelques reprises que ce n'était pas une course contre la montre. «Monsieur est détenu présentement», a-t-il rappelé.
Le juge Claude Larochelle, de la Cour du Québec, a émis une ordonnance interdisant à l'accusé de communiquer avec une dizaine de personnes, dont son fils, des membres de la famille et des proches de son ex-conjointe et des membres de la famille et des proches d'Yvon Lacasse.
Représailles des codétenus
L'accusé avait été placé en protection à son arrivée au palais de justice en attendant sa comparution.
«Lorsqu'un individu peut subir des représailles de codétenus, la Sécurité publique ne prend pas de chances», a expliqué Me Gauthier.
Après la découverte du corps inerte de la femme dans leur résidence de Saint-Eustache, au nord de Montréal, une alerte Amber avait été lancée pour retrouver leur enfant de six ans.
L'accusé a été arrêté près d'un village de l'Est ontarien après une chasse à l'homme qui avait duré près de 24 heures et qui a couvert un énorme territoire : Saint-Eustache et Lachute dans les Laurentides, Rouyn-Noranda en Abitibi-Témiscamingue, Maniwaki en Outaouais et finalement en Ontario où il a été arrêté par des agents de la Police provinciale dans la région de Renfrew. Dans sa fuite, le père de 41 ans se serait emparé du véhicule de M. Lacasse, un homme de 71 ans dont le corps a été trouvé mercredi dernier.