Le pharmacien Christian Vézina était propriétaire de la pharmacie Brunet située rue Marie-de-l'Incarnation, à Québec.

Pas d'appel de la Couronne dans la peine du pharmacien-trafiquant

Le ministère public ne portera pas en appel la peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité imposée au pharmacien-trafiquant Christian Vézina.
Le pharmacien déchu du quartier Saint-Sauveur a réussi à éviter la prison, le 14 juin dernier, car le juge Christian Boulet a estimé, comme le recommandait la défense, que son cas s'appliquait bien à l'emprisonnement dans la collectivité. L'homme, qui s'est recyclé dans le domaine de la construction, exprime des remords sincères, dit le juge, et est déjà réhabilité. Il doit rester chez lui pour les 12 premiers mois de sa peine et, par la suite, observer un couvre-feu. Il devra aussi faire 240 heures de travaux communautaires et verser un don de 1000 $.
Vézina a plaidé coupable aux accusations d'avoir vendu sans ordonnance 145 000 comprimés de dilaudide, d'hydromorphone et d'autres narcotiques aux effets aussi puissants que ceux de l'héroïne. 
En s'appuyant sur plusieurs cas de professionnels de la santé condamnés à l'emprisonnement ferme pour du trafic de médicaments, la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine réclamait une peine de quatre ans de pénitencier.
Depuis novembre 2012, un accusé coupable de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic n'a plus accès à l'emprisonnement dans la collectivité. Les crimes de Vézina étant antérieurs au changement législatif, il a pu en faire la demande. Deux jours après l'imposition de la peine de Christian Vézina, un toxicomane de Portneuf, Éric Gingras, a été condamné à cinq ans de pénitencier pour avoir vendu quatre fois moins de comprimés que le pharmacien. Dans les deux cas, les accusés étaient sans antécédent judiciaire. Ironie du sort, c'est le juge Christian Boulet qui a entériné cette suggestion commune de peine de la Couronne et de la défense.