Église Parole de Vie
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Parole de Vie accuse Revenu Québec de se livrer à une «chasse aux sorcières»

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Le Centre évangélique Parole de Vie accuse Revenu Québec de se livrer à une «chasse aux sorcières» contre le pasteur Paul Mukendi depuis deux ans.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, le Centre évangélique Parole de Vie mentionne avoir «pris acte» des accusations de déclarations fiscales fausses et trompeuses portées par Revenu Québec contre lui, son fondateur, Paul Mukendi, et une de ses administratrices. Il indique que les personnes visées par ces accusations ont déjà déposé des plaidoyers de non-culpabilité et qu’elles entendent «faire valoir tous leurs droits devant les tribunaux».

«Il s’agit essentiellement d’une chasse aux sorcières dont le Révérend Paul Mukendi est victime depuis deux ans», écrit le centre. Selon lui, «la dîme et l’offrande demeurent des actes bibliques qui ne sont pas nos inventions». «Contrairement à ce que les médias véhiculent, les sources de revenus du Centre évangélique et celles du Révérend Mukendi sont bien distinctes et l’ont toujours été», précise-t-il.

«Nous avons assisté au déploiement de 35 enquêteurs de Revenu Québec, à des perquisitions d’une ampleur démesurée, sans compter les visites importunes et intimidantes dans les maisons de nos membres. Il nous est permis de nous questionner sérieusement sur la démesure des moyens déployés par Revenu Québec», dénonce le Centre évangélique Parole de Vie, qui tient à s’excuser auprès de ses membres «qui ont eu à justifier leurs croyances religieuses auprès d’enquêteurs qui ont manifestement abusé de leurs droits et de leurs pouvoirs en piétinant les droits fondamentaux à la liberté de religion et de croyance» garantis par les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne. 

Revenu Québec a annoncé mardi avoir déposé un total de huit chefs d’accusation contre le Centre évangélique Parole de Vie et deux de ses administrateurs, Paul Mukendi et Marie-Ève Lepage. Ces derniers encourent des amendes minimales totalisant 16 000 $ en vertu de la Loi sur l’administration fiscale, précisait Revenu Québec. 

Perquisitions

Le 17 mai 2018, Revenu Québec avait perquisitionné deux résidences appartenant à Paul Mukendi ainsi que le Centre évangélique Parole de Vie. Des autorisations judiciaires pour procéder à l’inscription d’une hypothèque légale immobilière sur les biens du pasteur avaient également été obtenues.

Le fisc québécois évaluait les impôts impayés par le pasteur Mukendi à près de 213 000 $. Entre 2012 et 2016, les revenus non déclarés par le pasteur se seraient élevés à plus de 475 000 $. 

Lors de la perquisition, les enquêteurs de Revenu Québec avaient saisi une abondante preuve documentaire et informatique qu’ils devaient analyser. C’est cette preuve qui a mené au dépôt d’accusations. 

Le pasteur Mukendi a été déclaré coupable le 29 juin d’agressions sexuelles répétées et de voies de fait sur une fidèle. 

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