Un orignal se promène dans un stationnement du centre-ville de Sept-Îles

Orignaux à Sept-Îles: «le signalement est rentré beaucoup trop tard»

Si vous étiez à Sept-Îles samedi, un seul coup d'oeil à votre fil d'actualité Facebook suffisait pour apprendre que des orignaux avaient gagné le centre-ville. Pourtant, le signalement aux autorités compétentes est venu «beaucoup trop tard».
C'est de «manière fortuite» qu'un agent de la faune a appris que deux orignaux avaient été aperçus près d'une école secondaire. «C'était un concours de circonstances (l'agent) était en véhicule et l'a appris d'un citoyen», informe l'adjoint au soutien opérationnel du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Guillaume Blanchard. 
Habituellement, c'est la centrale SOS Braconnage, une ligne de signalements disponible 24 heures sur 24, qui alerte les agents sur le terrain pour qu'ils interviennent. «Dans le cas qui nous occupe samedi, le signalement est rentré beaucoup trop tard au bureau des agents pour qu'il puisse avoir une réaction rapide», poursuit M. Blanchard. 
Vers 9h15, les deux cervidés se trouvaient dans le secteur de la rue Comeau. La première bête a pu être repoussée vers le bois, mais l'autre a filé vers le boulevard Laure. Plusieurs images et vidéos montrant la bête apeurée et désorientée dans le stationnement d'un centre commercial ont d'ailleurs rapidement fait le tour de la toile.  
«L'animal à ce moment-là, était très nerveux», raconte M. Blanchard. «Il commençait à démontrer quelques signes d'agressivité. L'agent a essayé de l'isoler, mais étant donné son état, il a pu se faufiler et poursuivre vers le sud». La bête s'est finalement enfuie dans la baie de Sept-Îles où elle a nagé vers le large. 
Malgré les tentatives de pêcheurs de «rabattre» l'animal vers la terre ferme, l'orignal n'a pas survécu à sa fuite. «L'orignal est capable de nager assez aisément, mais c'est certain, qu'avec tout le stress qu'elle avait vécu cette bête-là, c'était peut-être un peu trop», dit-il. Sa carcasse a été rapatriée vers un débarcadère où les autorités «en ont disposé». 
«Donner de l'espace»
M. Blanchard rappelle aux citoyens qui aperçoivent un animal sauvage en milieu urbain de joindre rapidement le SOS Braconnage (1 800 463-2191) et «donner un corridor de fuite» à la bête. «C'est certain que de le poursuivre en véhicule ou de courir après à pied pour prendre les meilleures photos possible, ça vient augmenter son niveau de stress». 
«C'est un animal sauvage, on ne sait pas comment il va réagir et nous, quand on arrive, l'animal est déjà très très stressé, on a de plus en plus de misère à le contrôler de manière sécuritaire», relate-t-il. Samedi, des informations circulaient à l'effet qu'il s'agissait d'une mère et son petit, ce que ne pouvait confirmer l'agent, lundi.
Selon M. Blanchard, il n'est pas rare qu'à ce temps-ci de l'année, que des orignaux se rapprochent de quartiers résidentiels de Sept-Îles pour se nourrir de feuillus. De manière générale, les agents tentent «de l'effaroucher» et les bêtes retournent dans la nature. Lundi matin, un orignal a encore été observé près de la rue Smith.