Opération ceinture: policiers cachés dans un autocar

Encore trop de chauffeurs de poids lourd et d'automobilistes ne portent pas leur ceinture de sécurité. Bien camouflés en hauteur, les premiers ont trop souvent échappé à la vigilance des agents. Plus maintenant avec les patrouilles en autocar.
Les policiers sont assis dans le confort d'un véhicule de type «coach» non identifié. Ils observent les véhicules rouler sur l'autoroute Félix-Leclerc à travers les immenses vitres de l'autocar.
Une équipe de contrôleurs routiers et de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) est assise dans le confort d'un véhicule de type «coach» non identifié. Ils observent les véhicules rouler sur l'autoroute Félix-Leclerc à travers les immenses vitres de l'autocar. On devine que la vision est excellente.
Une infraction concernant le non-port de la ceinture de sécurité ou toute autre entorse au Code de la sécurité routière comme le cellulaire au volant est facilement repérée. Aussitôt, l'agent qui constate l'infraction fournit l'identification du véhicule du conducteur ou passager fautif à l'un des agents répartis dans les huit autopatrouilles qui accompagnent l'autocar.
Efficacité redoutable
C'est la seconde fois depuis septembre que ce type d'opération est menée. Son efficacité est redoutable. «Nous avons pris l'exemple d'une opération similaire menée au Texas, explique Benoit Lapierre, porte-parole de Contrôle routier Québec. Le fait d'être surélevé nous permet d'être à la hauteur des cabines des poids lourds et de voir si le chauffeur porte ou non sa ceinture.»
Pour lui, la méthode est idéale pour passer inaperçue, tout en relayant un message de sécurité. «On trouvait que c'est un bon moyen de se fondre dans la masse. L'importance de cette opération est liée au fait que seulement 38% des victimes décédées qui étaient à bord d'un véhicule lourd portaient leur ceinture de sécurité», soutient-il.
La SQ prend aussi part à cette opération pour les mêmes raisons. La sergente Ann Mathieu souligne qu'il n'est pas toujours de mise de prévenir les usagers de l'heure et de l'endroit d'une opération. Selon elle, il faut parfois être plus discret et utiliser la répression plutôt que la sensibilisation. «Nous voulons aussi que les gens changent leur comportement à long terme. Si quelqu'un reçoit une contravention, il va en garder le souvenir. Les automobilistes doivent aussi sentir qu'il y a un risque de se faire prendre à tout moment.»
40 000 constats en 2014
Selon des chiffres de la Société d'assurance automobile du Québec, les corps policier et Contrôle routier ont émis 40 000 constats en 2014 pour le non-port de la ceinture. Lors de la récente journée d'opération tenue en septembre à Québec, 61 constats ont été émis à des chauffeurs de camions lourds pour le non-port de la ceinture et huit pour le cellulaire au volant. On observe la tendance inverse chez les conducteurs ou passagers de véhicules de promenade  avec quatre constats pour le non-port de la ceinture et 35 pour le cellulaire au volant.  La première infraction coûte 127 $ et trois points d'inaptitude, la seconde, 127 $ et quatre points.