Blessing Claudevy Moukoko a passé près de 40 minutes sous l’eau avant que quelqu’un ne le sorte de la piscine.

Noyade d'un ado: la famille poursuit pour 1,5 M$

MONTRÉAL — La Commission scolaire de Montréal et la Ville de Montréal sont poursuivies pour 1,5 million $ par la famille de Blessing Claudevy Moukoko, mort noyé dans la piscine de son école en février dernier.

Le garçon de 14 ans s’est noyé dans la piscine du Centre Père-Marquette, adjacent à l’école Père-Marquette où il étudiait.

Treize membres de la famille poursuivent la commission scolaire et la Ville, jugeant qu’elles ont été négligentes.

Alors qu’il ne savait pas nager, l’adolescent a assisté le 15 février à son troisième cours de natation, donné dans le cadre du programme d’éducation physique de son école, est-il écrit dans la procédure.

Le cours était offert par le professeur d’éducation physique de l’École Père-Marquette, bien qu’il n’ait pas la formation requise, est-il allégué. Il était assisté d’une sauveteuse, employée de la Ville de Montréal. Elle devait surveiller les élèves du cours, mais a fini par participer activement à l’enseignement.

Ce matin-là, à la fin du cours, les élèves sont tous sortis de l’eau. Sauf Blessing. Son absence est remarquée par l’enseignant mais il ne fait rien, croyant que le jeune garçon s’était rendu directement au vestiaire, est-il écrit dans la poursuite.

Il a passé près de 40 minutes sous l’eau avant que quelqu’un ne le sorte de la piscine. Et il est mort quelques jours plus tard.

La famille reproche à la commission scolaire d’avoir été négligente, en assignant un enseignant qui n’avait pas les compétences requises pour donner le cours de natation. De plus, les préposés qu’elle a mandatés pour surveiller les enfants et la piscine ont fait défaut d’assurer la sécurité de Blessing, notamment en n’ayant aucune réaction à son absence à la fin du cours.

Quant à la Ville de Montréal, il lui est reproché d’avoir assigné des employés à la piscine qui ont fait défaut d’assurer la surveillance et la sécurité du jeune garçon.

Dommages psychologiques

La poursuite a été déposée vendredi au greffe du palais de justice de Montréal, par l’avocat Jean-Pierre Ménard du cabinet Ménard Martin.

«La réclamation est chiffrée à 1,5 million $ en tenant compte des faits particuliers de ce dossier. D’abord, il y a 13 demandeurs, qui font partie de la famille proche qui a été affectée par la perte de Blessing. Ce montant prend également en compte les importants dommages psychologiques subis par les parents de Blessing de même que leurs importantes pertes de revenus en raison du travail manqué», a expliqué celui-ci dans un courriel.

Les membres de la famille ont détaillé le chagrin qui les accable depuis la mort de Blessing.

Sa mère a notamment subi et subit toujours un profond choc post-traumatique, pour lequel elle a été transportée à plusieurs reprises à l’hôpital, et elle a dû cesser toute activité en lien avec son entreprise alimentaire qu’elle venait de lancer. Son père est en arrêt de travail depuis la mort de Blessing. Son frère Best Devy a dû recommencer sa deuxième année de cégep, étant trop affecté pour aller à l’école, est-il détaillé dans la procédure.