Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Nouvel environnement judiciaire et salle de cour virtuelle à Québec

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Au premier regard, les barrières en plexiglas choquent l’oeil. Mais il faudra s’habituer à ce nouvel environnement judiciaire, prévient la juge Réna Émond de la Cour du Québec.

Les séparateurs transparents ont fait leur apparition dans la salle des comparutions en chambre criminelle au palais de justice de Québec mardi matin, en même temps que la liaison vidéo qui permet aux avocats d’assister à la séance de leur maison. Et aux journalistes en confinement.

La juge Émond entre et s’installe à son bureau, dans ce qui est devenu un petit enclos vitré. Elle nettoie ses mains avec un désinfectant. Les deux greffières sont déjà assises devant elle.

Les agents des services correctionnels de l’Établissement de détention de Québec, masques sur le visage, sont présents par visioconférence. Les détenus concernés par les procédures attendent à proximité, hors du champ de la caméra.

Les policiers de Québec se joindront au groupe un peu plus tard, à partir de la centrale de police Victoria, pour faire comparaître un détenu.

Le procureur de la Couronne Me Jean-Philippe Lanthier entre aussi, s’assoit derrière sa paroi. Les avocats de la défense, qui n’entrent qu’un à la fois, ont un poste de travail semblable. Le représentant de l’aide juridique, Me Nicolas Déry, demande la permission de rester assis devant la juge puisque les parois ne sont pas assez hautes s’il reste debout. Permission accordée.

La juge peut voir que des journalistes se sont branchés à distance. Elle rend une ordonnance qui interdit toute capture d’écran et tout enregistrement de la séance de comparutions diffusée sur un lien web sécurisé. Les enregistrements et les photos ne sont pas davantage permis dans une salle d’audience « réelle ».

Pour éviter des manipulations de papier, la juge Émond rappelle aux avocats que tous les documents doivent être numérisés à l’avance.

Le son et l’image tiennent bon durant les procédures. Quelques avocats seront appelés par téléphone, un autre se joint avec la visioconférence à partir de son bureau.

Les procédures habituelles se déroulent, au rythme habituel : des comparutions, une demande d’examen sur la responsabilité criminelle, un relevé de défaut. Plusieurs accusés non représentés par avocat sont absents. Des mandats d’arrestation sans date d’exécution sont émis par la juge.

Si la procédure est concluante, de nouvelles salles d’audience virtuelles feront leur apparition au cours des prochains jours.