Le Bureau des enquêtes indépendantes a envoyé une équipe sur les lieux pour enquêter sur les événements.

Nord du Québec: le village d'Akulivik tente de se remettre d'un drame

Une femme qui a vu la police abattre un homme soupçonné d'avoir poignardé à mort trois personnes dans un village inuit du Nord-du-Québec, samedi, dit qu'elle n'a pas été capable dormir depuis le drame.
Meeko Aliqu dit avoir couru à l'extérieur de sa maison lorsque son fils de 17 ans l'a informée des meurtres. Elle a ensuite été témoin de la confrontation entre les policiers et le suspect de 19 ans.
«Le policier a dit: "Laisse-le tomber! Laisse-le tomber!" en inuktitut», a raconté la dame en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.
Les agents ont fait feu lorsque l'homme n'a pas laissé tomber son couteau, a-t-elle ajouté.
«Le policier lui a tiré dessus, environ huit fois, je ne sais pas.»
Le suspect s'est ensuite relevé et a tenté d'entrer dans une autre résidence avant que la police ne lui tire encore dessus.
«Il est allé dans la maison, mais le policier, il a tiré une fois de plus dans la maison», a indiqué Mme Aliqu.
Selon les informations préliminaires du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), l'individu a pénétré dans trois résidences pour poignarder cinq personnes. Trois d'entre elles, dont un garçon d'une dizaine d'années, est décédé. Deux autres personnes ont été blessées gravement et ont été transportées à l'hôpital.
Blessés «hors de danger»
Dimanche soir, le BEI a publié un communiqué pour annoncer que les deux blessés étaient «maintenant considérés hors de danger».
Les résidents d'Akulivik, un petit village situé sur la péninsule donnant sur la baie d'Hudson à quelque 1700 kilomètres au nord de Montréal, ont été secoués par le drame.
«Toute la région est en état de choc et est dévastée. Nous recevons des messages d'appui de partout dans le monde», a confié David Qaqutuk, de la société foncière régionale.
Tout le monde connaît tout le monde dans le village; les gens partagent la nourriture et prennent soin les uns des autres, selon lui.
«Toutes les victimes étaient calmes et gentilles. Je n'ai jamais remarqué que le suspect était en colère, ou quoi que ce soit», a-t-il ajouté.
Il a refusé de spéculer sur les causes du drame, mais il a souligné que les petites communautés manquaient de ressources pour aider les gens dans le besoin.
«Nous n'avons pas de rencontres de AA [Alcooliques anonymes] ou d'établissements de soin. Le seul endroit où on peut nous aider, c'est à Kuujjuaq [à 600 kilomètres de distance]», a-t-il soutenu.
Dans un communiqué diffusé samedi, le BEI a indiqué que la police avait intercepté le suspect lorsqu'il se préparait à entrer dans une quatrième résidence avec son couteau. Selon ces mêmes informations, les policiers ont tiré pour empêcher le suspect d'entrer, mais ils l'ont abattu lorsqu'il s'est dirigé vers eux.
Le BEI a envoyé une équipe sur les lieux pour enquêter sur les événements.
La Sûreté du Québec (SQ), qui enquêtera pour sa part sur les meurtres et tentatives de meurtres, a indiqué que ses agents étaient sur place, mais ils n'avaient pas donné de nouvelles informations en date de dimanche après-midi.