Steeve Mourez-Bilodeau

Mourez prétend avoir inventé l'histoire

Accusé de tentative de meurtre sur l’homme d’affaires Gilles Bérubé, Steeve Mourez-Bilodeau nie ces allégations. Piégé dans un enregistrement, le Dolmissois admet avoir dit à un ami qu’il était l’auteur du sabotage de l’hydravion de la présumée victime, à l’été 2008. Des propos incriminants qu’il aurait tenus pour se « vanter » et avoir l’air « hot », a-t-il justifié, mercredi, au jour trois de son procès devant juge et jury, au Palais de justice de Roberval.

Le ministère public, rappelons-le, reproche à Mourez-Bilodeau d’avoir enlevé les boulons et écrous des haubans qui supportent l’aile gauche de l’hydravion de Gilles Bérubé. Il aurait remplacé ces pièces par des bouts de bois, dans le but de provoquer un écrasement. 

L’accusé, qui a toujours refusé de répondre aux questions des policiers pendant l’enquête, a donné pour la première fois sa version des faits mercredi.

Sur l’enregistrement, réalisé en 2013 par son ancien colocataire, l’homme fort Jacki Ouellet, Mourez-Bilodeau avoue avoir trafiqué l’avion sous les ordres de Jacques Bérubé, le frère de la présumée victime. Ce dernier lui aurait promis 1000 $ pour saboter l’hydravion. Une histoire inventée de toute pièce pour bien paraître dans le milieu criminel. 

« Je parlais à un “pusher” de drogues, pas à la Sûreté du Québec », a mentionné l’accusé pendant son témoignage, en faisant référence à Ouellet.

L’homme fort et l’accusé ont d’ailleurs été reconnus coupables de trafic de drogue peu après l’enregistrement. Ouellet avait décidé d’enregistrer Mourez-Bilodeau, car Gilles Bérubé était un membre éloigné de sa famille et un ancien commanditaire pour ses compétitions. 

Avec l’enregistrement en mains, les enquêteurs ont interrogé en 2013 le jeune homme sur cette tentative de meurtre. Il a refusé de parler, sous les conseils de son avocat. Mais à un moment, pendant l’interrogatoire, l’homme a laissé tomber « je vais plaider coupable ».

Mourez-Bilodeau a admis avoir dit cette phrase, mais ce n’était pas un aveu à son avis.

« Ça voulait dire “crissez-moi la paix”. Je vais m’arranger pour ma défense », a répété l’accusé, expliquant avoir dit cette phrase pour se débarrasser des enquêteurs. 

Ce n’est qu’en 2015 que Mourez-Bilodeau a été officiellement accusé de tentative de meurtre et d’avoir modifié un moyen de transport dans le but de causer la mort. Des accusations passibles d’un emprisonnement à perpétuité. 

Jacques Bérubé n’a jamais été accusé dans cette affaire. Les preuves étaient insuffisantes pour forcer ce dernier à rencontrer les policiers. 

L’avocat de Mourez-Bilodeau, Me Sébastien St-Laurent, et la représentante du ministère public, Me Julie Lajoie, feront entendre leur plaidoirie jeudi. Le jury de 12 personnes sera séquestré à la fin du procès.