Aucun équipement supplémentaire de sécurité n'a encore été acheté pour permettre aux ambulanciers présents à l'Étape d'intervenir lors d'un accident dans un sentier de motoneige.

Motoneigiste décédé près de l'Étape: les nouvelles mesures d'urgence se font attendre

Dix mois après qu'un accident de motoneige eut coûté la vie à un touriste américain dans la réserve faunique des Laurentides, aucune nouvelle mesure d'urgence n'a encore été mise en place et aucun équipement supplémentaire n'a été acheté pouvant améliorer les délais d'intervention dans les sentiers, a constaté Le Soleil.
Pour se rafraîchir quelque peu la mémoire, le 2 mars dernier, Glenn A. Dumont, un homme de 69 ans originaire du Maine, est mort après être entré en collision dans une courbe avec une autre motoneige arrivant en sens inverse. L'accident, qui avait fait couler beaucoup d'encre, s'est produit sur un sentier balisé à moins de trois kilomètres du relais l'Étape. 
N'ayant pas les équipements nécessaires et devant respecter leur protocole - les paramédicaux doivent rester dans les zones carrossables -, les ambulanciers de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) n'avaient pas été en mesure d'intervenir sur les lieux de l'accident. Selon nos informations obtenues, il aurait fallu près de 45 minutes pour pouvoir sortir de la forêt l'un des deux hommes impliqués dans la collision. Et ce sont d'autres motoneigistes qui auraient extirpé les deux blessés du bois.   
Quelques jours suivant le drame, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait ordonné une enquête du Bureau du coroner. Cette dernière n'est pas encore complétée.
Joint par Le Soleil, le directeur des opérations de la CTAQ, Dominic Chaput, confirme qu'aucun équipement supplémentaire de sécurité n'a encore été acheté - comme des casques ou des gants - pour permettre aux ambulanciers présents à l'Étape d'intervenir lors d'un accident dans un sentier. Il précise toutefois être en pourparlers avec des responsables aux centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux et avoir fait des demandes en ce sens.
«Nous avons eu des rencontres avec les gens à ce sujet-là. Il y a plusieurs demandes de faites. À savoir s'il y a de l'équipement de plus qui a été acheté, pas encore. Le dossier a toutefois quand même cheminé. Il est entre leurs mains», indique M. Chaput, concédant qu'il faut trouver des solutions pour faciliter les interventions en sentier dans ce territoire non organisé du lac Jacques-Cartier. 
Le directeur confirme que le protocole de la CTAQ est toujours le même. «On ne dit pas qu'il ne faut pas y aller. On dit qu'il faut s'organiser pour que quand on va y aller, on va pouvoir le faire de façon rapide et qu'on va trouver le patient et que nous allons être en mesure de l'évacuer», note-t-il. «Au cours des dernières années, il y a beaucoup de paramédicaux qui sont partis rapidement dans le parc. Généralement, cela n'a jamais été une bonne solution, car oui, ils sont partis rapidement, mais ils sont restés pris durant plusieurs heures avant qu'on les retrouve», poursuit-il.
Différents intervenants
Du côté de la municipalité régionale de comté (MRC) de La Côte-de-Beaupré, responsable de ce territoire non organisé, on confie évaluer plusieurs solutions. L'une d'entre elles consiste à mandater l'organisation Urgence Sauvetage Québec pour intervenir lors d'accidents de motoneige dans la réserve faunique des Laurentides.
«Pour le moment, il n'y a rien de concret, nous avons travaillé sur le dossier en 2016. On espère aboutir sur quelque chose au début 2017», affirme Michel Bélanger, directeur général de la MRC de La Côte-de-Beaupré, notant que la MRC ne possède pas les équipements nécessaires pour faire de la recherche et sauvetage en forêt. «Notre schéma de couverture de risques mentionne qu'on ne couvre pas le TNO en termes de sauvetage. Mais nous sommes conscients que nous avons un rôle à jouer pour essayer de coordonner et rassembler des intervenants pour structurer quelque chose pour venir en aide aux gens», poursuit-il.
Responsable de l'unité Patrouille Secours, basée en permanence à l'Étape, le ministère des Transports du Québec (MTQ) indique que ce n'est pas le rôle de l'organisme d'intervenir lors d'accidents de motoneige en forêt. «C'est une unité qui intervient auprès des usagers de la route qui sont victimes d'accident ou en difficulté», explique Alexandre Bougie, porte-parole du MTQ. «C'est une unité qui n'intervient pas en dehors du réseau routier. [...] La responsabilité sur les territoires non organisés revient aux MRC.»
Quant à la Sûreté du Québec, la porte-parole Ann Mathieu a indiqué «attendre le rapport du coroner et des recommandations s'il y a lieu».
Urgence Sauvetage Québec, une équipe de bénévoles
Lancée en mars dernier, Urgence Sauvetage Québec est une équipe composée d'une quinzaine de bénévoles qui a pour objectif d'intervenir lors d'accidents sur des territoires non organisés. C'est à la suite du décès du touriste américain Glenn A. Dumont que Dave Bérubé a choisi de mettre l'équipe sur pied. «Nous pouvons intervenir partout à travers la région», note M. Bérubé, patrouilleur motoneige.
«Nous avons les équipements pour réaliser des évacuations. Les bénévoles, lorsqu'ils sont de garde, ont le véhicule avec eux ainsi que l'équipement nécessaire pour intervenir, comme le traîneau et les motoneiges. En 15 minutes suivant l'appel initial, ils doivent être en direction de l'accident», explique-t-il.
L'escouade est composée de passionnés de motoneige ainsi que de pompiers volontaires. M. Bérubé espère être mandaté par la MRC de La Côte-de-Beaupré pour veiller sur le territoire non organisé du lac Jacques-Cartier.