Le militaire Jean-Baptiste Abel a été déclaré coupable par un jury de possession, accession et distribution de pornographie juvénile.

Militaire coupable de possession de porno juvénile

Le militaire Jean-Baptiste Abel, 30 ans, de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier a été déclaré coupable par un jury de possession, accession et distribution de pornographie juvénile.

Après un peu plus d’une journée complète de délibérations, le jury de sept hommes et cinq femmes a rendu son verdict.

La période d’accusation s’étendait d’août 2015 à octobre 2016 pour la possession et l’accession à du matériel de pornographie juvénile. La distribution de fichiers a eu lieu en octobre 2016. Abel a été dénoncé par le réseau social Facebook, témoin du partage d’une photo illégale.

Au prononcé du verdict, la mère de l’accusé a éclaté en bruyants sanglots. «Ce n’est pas vrai, il n’est pas coupable!» répétait-elle, avant de sortir de la salle d’audience. Elle a ensuite été prise en charge par un constable spécial.

L’accusé est pour sa part resté stoïque.

Les représentations sur la peine auront lieu à la fin avril.

La procureure de la Couronne MSonia Lapointe a demandé à la cour de révoquer l’ordonnance de mise en liberté provisoire de Abel. Il devrait, selon le ministère public, attendre sa peine derrière les barreaux.

À l’époque des accusations, la peine minimale pour la possession de pornographie juvénile était d’un an de détention.

L’avocat d’Abel, Me Louis Belliard, s’opposait à cette détention immédiate en faisant notamment valoir qu’il allait contester la constitutionnalité de la peine minimale de 12 mois.

Le juge Carl Thibault de la Cour supérieure a estimé que la poursuivante avait fait valoir des motifs suffisants pour ordonner la détention. Jean-Baptiste Abel est accusé d’avoir brisé ses conditions de remise en liberté en septembre 2018, souligne le juge, et pourrait maintenant se voir imposer une peine d’emprisonnement sévère. 

«Pas une tâche facile»

Le travail des jurés a été particulièrement difficile durant ce procès long d’une dizaine de jours. Les citoyens choisis pour juger Jean-Baptiste Abel ont notamment dû regarder des photos et des extraits de vidéos montrant des agressions sexuelles d’enfants, des images saisies dans les équipements informatiques de l’accusé.

Lorsqu’il s’est adressé aux 12 jurés, le juge Carl Thibault de la Cour supérieure les a remerciés d’avoir «donné le meilleur d’eux-mêmes pour que justice soit rendue», soulignant qu’ils n’avaient pas eu une tâche facile.

Au moment de son arrestation en 2016, Jean-Baptiste Abel travaillait comme analyste informatique sur la base militaire de Valcartier. Lors de sa défense, il avait indiqué à son avocat Me Louis Belliard que les disques durs de ses ordinateurs étaient souvent reliés à ceux de ses collègues pour permettre le partage de films et de séries télé.

Lors de l’interrogatoire policier, Jean-Baptiste Abel avait admis avoir consommé de la pornographie juvénile à l’adolescence.

Procès en Cour du Québec

Abel fait face à une autre accusation en Cour du Québec pour possession de pornographie juvénile. Selon la preuve du ministère public, le militaire s’est fait intercepter en septembre 2018 dans le stationnement d’un restaurant Tim Hortons. Il utilisait le réseau wifi du commerce avec son ordinateur portable.

L’homme a été accusé de bris de conditions de remise en liberté, car il ne respectait pas son couvre-feu ni l’interdiction d’utiliser un ordinateur sauf aux fins de travail.

En fouillant le portable d’Abel, les policiers ont trouvé des images que la Couronne allègue être de la pornographie juvénile. 

Les images seraient tirées de la populaire série télé Les Simpsons et montreraient des personnages, dont les enfants, en train d’avoir des relations sexuelles entre eux et avec des adultes.