Réal Savoie est accusé du meurtre avec préméditation de Sonia Raymond. L'événement est survenu le 27 juillet 1996 sur une plage de Maria, en Gaspésie.

Meurtre de Sonia Raymond: l'avocat de la défense tente d'affaiblir la preuve

Marcel Guérin, avocat de Réal Savoie, accusé du meurtre de Sonia Raymond, a tenté mardi d'affaiblir la preuve par infiltration en posant bien des questions sur l'argent et la violence, lors du contre-interrogatoire du couvreur, le «metteur en scène» des scénarios de cette preuve.
Me Guérin a fait maintes références au thème de la violence exprimée ou démontrée par les agents d'infiltration, des policiers ayant monté une organisation criminelle factice afin de soutirer des aveux à Réal Savoie.
Dans une enquête par infiltration, aussi appelée Mister Big, la violence ne peut être utilisée pour forcer un suspect à faire des choses à l'encontre de sa volonté. Réal Savoie est accusé de meurtre avec préméditation. L'événement est survenu le 27 juillet 1996 sur une plage de Maria, en Gaspésie.
L'avocat a demandé au couvreur si l'organisation avait mentionné devant le suspect qu'elle était capable de passer à tabac ou de faire disparaître une femme.
«C'est possible. C'est ce qui m'est rapporté. Mais l'objectif n'était pas de faire paraître le groupe comme une organisation dangereuse, mais de le mettre à l'aise», a répondu le couvreur, signifiant que Réal Savoie était suspecté d'un crime violent à l'égard de Sonia Raymond.
Faux passage à tabac
Le couvreur a de plus dit qu'après le faux passage à tabac d'une femme étant en réalité une agente d'infiltration, le suspect avait fait un «poing à poing» en guise d'approbation avec l'un des membres de l'organisation.
«Le but est de démontrer que l'organisation a peu de considération envers les femmes», a ajouté le couvreur. «À cause du type d'enquête?» a demandé l'avocat Guérin. «C'est bien ça», a souligné le couvreur.
Marcel Guérin est revenu à la charge sur la violence quand il a demandé au couvreur si le grand patron de l'organisation, le «cousin» selon l'expression de la cour, était assez important pour avoir un garde du corps.
Devant la réponse affirmative, l'avocat de la défense a tenté d'établir la taille du garde du corps, dans les six pieds un ou six pieds deux pouces et entre 250 à 260 livres, puis s'il avait enlevé le téléphone mobile à Réal Savoie avant sa rencontre avec le cousin.
L'agent couvreur a dit qu'il s'agissait avant tout de donner de la crédibilité à l'organisation, et qu'il avait été expliqué au suspect que sa rencontre avec le grand patron ne serait pas dérangée s'il n'avait pas de téléphone.
Une photo de Sonia Raymond parue en 1996 dans <em>Le Soleil</em>
Grandes dépenses
Cette rencontre devait donner un nouveau statut à Réal Savoie dans l'organisation, en prévision d'une grande opération susceptible de lui rapporter 20 000 $. L'avocat Guérin a mis un grand accent sur les dépenses effectuées par l'organisation au bénéfice de l'accusé.
Ces dépenses ont pris la forme de billets pour assister à des matchs des Canadiens, de repas dans des restaurants assez chics, d'un boni à Noël et d'une rémunération croissante venant de la participation du suspect à des actes criminels dont l'ampleur augmentait.
Dans une enquête de type Mister Big, l'argent n'est pas censé influencer indument le comportement du suspect. Le couvreur a toutefois mentionné que cet argent servait essentiellement à crédibiliser l'organisation.
L'enquête par infiltration a coûté 179 000 $ et s'est surtout déroulée entre octobre 2013 et le 16 avril 2014, date de l'entrevue d'une centaine de minutes au cours de laquelle Réal Savoie serait passé aux aveux devant le grand patron. Les détails de cette entrevue seront communiqués plus tard dans le procès.