Réal Savoie est accusé du meurtre avec préméditation de Sonia Raymond. L'événement est survenu le 27 juillet 1996 sur une plage de Maria, en Gaspésie.

Meurtre de Sonia Raymond: deux coups de couteau à la gorge

Réal Savoie a tenté de converser avec Sonia Raymond, le 27 juillet 1996, sur la plage de Maria. Voyant que sa démarche était repoussée assez sèchement par la jeune femme, il est allé chercher un couteau dans sa camionnette et il est revenu la poignarder au cou deux fois.
L'homme maintenant âgé de 54 ans, accusé de meurtre prémédité, a expliqué en long et en large comment il l'avait tuée, lors d'une rencontre d'une heure et 47 minutes, le 16 avril 2014 à Montréal, avec Mr. Big.
Ce patron et d'autres policiers d'infiltration d'une fausse organisation criminelle ont tenté, à compter de l'été 2013, d'obtenir des aveux de Réal Savoie. C'est en l'intégrant dans cette organisation pendant plusieurs mois et en gagnant sa confiance que ces policiers ont obtenu une preuve présentée au tribunal mercredi, par vidéo.
Pour obtenir ces aveux, Mr. Big a dit à Réal Savoie qu'il lui fournirait un alibi en faisant porter l'odieux de son crime par quelqu'un d'autre. Le patron avait ainsi besoin d'obtenir le maximum de détails au sujet du meurtre. Il a fait répéter certains passages du crime à une demi-douzaine de reprises. Il a invoqué l'imminence d'une intervention policière à l'endroit de Réal Savoie, parce que «les cochons» avaient «une preuve d'ADN [génétique]».
Frustré d'être rejeté
Sur la plage, Sonia Raymond «était froide. Elle m'a dit : ''Je n'ai pas le temps de te parler''. C'est juste son langage qui m'a mis en tabarnak», a indiqué Savoie à Mr. Big, notant qu'il avait bu de la bière juste avant.
Il est retourné à son véhicule. «Je ressors en crisse avec mon couteau. Je suis descendu et c'est là que c'est arrivé [...] Elle a reculé un peu dans le sable [...] Bouge pas parce que t'es faite. Elle ne s'est pas défendue, rien. Je lui ai enlevé ses pantalons courts, je lui ai enlevé sa camisole, je lui ai enlevé ses petites culottes [...] Elle a commencé à pleurer. C'est là que j'ai déconnecté et je lui ai tranché la gorge», a raconté l'accusé, le 16 avril 2014.
Réal Savoie a plus tard indiqué que le premier coup de couteau a seulement «déchiré» la peau «parce qu'il ne coupait pas. C'est pour ça que j'ai donné un deuxième coup à la même place. C'était plus en profondeur». Il a dit avoir même lâché le couteau à un moment donné pour utiliser ses deux mains afin d'enlever le pantalon court de Sonia Raymond.
Une corde pour se pendre
Mr. Big lui a fait mimer comment la victime est partie de l'endroit initial où elle était venue se faire bronzer, pour reculer quelques pas, sans se lever, en se poussant avec ses pieds. L'accusé a indiqué que le meurtre avait eu lieu entre 14h et 14h30. Le corps a été trouvé vers 18h.
Mr. Big a aussi souvent demandé, parfois en termes crus, à Réal Savoie s'il avait laissé des traces de substances corporelles, du sperme ou des poils, sur Sonia Raymond. Réal Savoie a indiqué qu'il n'avait pas enlevé son propre pantalon. «J'étais trop en tabarnak. J'étais trop déconnecté».
Réal Savoie a expliqué comment il s'était débarrassé du couteau, loin en forêt, pour que personne ne le trouve, et comment il s'est nettoyé, pour ensuite brûler ses vêtements et détruire toute trace du crime. Il a aussi dit avoir installé une corde afin de se pendre, mais qu'il ne l'a pas fait.
Mr. Big, vers la fin de l'entretien, fait récapituler Réal Savoie en lui demandant de dessiner la scène du crime, ce qu'il fait. Mr. Big soutient qu'il a décidé de l'aider, son cousin assurant qu'il en «valait la peine».