À Québec, il s'agit de la cinquième fois qu'un coureur est foudroyé. De ce nombre, trois sont décédés.

Marathon Lévis-Québec: tragédie à 2 km de l'arrivée

Un jeune homme de Saint-Augustin-de-Desmaures est devenu, dimanche, le troisième coureur à succomber à un arrêt cardiaque en 20 ans de Marathon Lévis-Québec.
Maxime Pouliot Rochefort, 30 ans, participant du demi-marathon, s'est effondré peu avant 9h sur le boulevard Champlain, à deux kilomètres du fil d'arrivée. Il a immédiatement été pris en charge par les secouristes présents le long du parcours qui ont entamé rapidement des manoeuvres de réanimation. Sans succès.
Voilà qui a jeté une douche froide sur les organisateurs qui célébraient le symbolique 20e de la compétition qui, jusque-là, s'était bien déroulée. D'ailleurs, seulement une vingtaine d'athlètes avaient consulté l'équipe médicale. «D'habitude, on peut avoir jusqu'à 100 patients», observe le Dr François Paquet, médecin au sein de l'événement depuis 15 ans.
Quoique tragique, ce décès n'est toutefois pas exceptionnel, enchaîne l'urgentologue de l'Hôtel-Dieu de Lévis. Des sportifs s'écroulent régulièrement durant les épreuves d'endurance partout dans le monde. Il cite en exemple la mort récente d'un pneumologue québécois au cours d'un ironman à Mont-Tremblant.
À Québec, il s'agit de la cinquième fois qu'un coureur est foudroyé. De ce nombre, trois sont décédés, se remémore le Dr Paquet. En 1999, un sportif de 24 ans s'était étalé à 120 mètres de la fin tandis qu'en 2008, un Ontarien de 51 ans a été terrassé à environ trois kilomètres du but.
Est-il possible de prévenir ces morts? «Non, on ne peut pas prévenir», tranche le doc. L'Augustinois qui est tombé devant ses proches dimanche était en bonne forme physique. 
Le médecin invite cependant les coureurs à écouter leur corps : «Se dépasser, ça va. Mais il y a une limite à se dépasser aussi. Si je commence à marcher croche en courant, à avoir de la misère, à devenir un peu confus, il y a comme une limite [...] c'est là que ça peut devenir problématique.»
Fatigué par les longues distances, le corps peine de plus en plus à distribuer l'oxygène. Dès lors, un simple sursaut du coeur, en d'autres temps sans conséquence, peut être fatal. «Il faut un concours de circonstances malheureux.»
«La plupart du temps, c'est dans les derniers cinq kilomètres que ça survient parce qu'on est dans notre moment où on pousse le plus fort et où on a moins d'oxygène à utiliser. On pousse au-delà de la capacité de notre corps et c'est là souvent que surviennent les événements. [...] C'est là qu'il faut essayer de ne pas pousser trop la machine.»
Intervention rapide
Le Dr Paquet souligne toutefois que le dépassement des athlètes n'engendre généralement pas de malaise. «La majorité, c'est pas un problème. La preuve c'est que tout le monde finit la plupart du temps le marathon sans problème. Fatigué, mais sans problème.»
Ses troupes étaient néanmoins prêtes, poursuit-il. La victime a rapidement reçu des soins. «Lorsqu'on est dans les situations de haute intensité, où notre corps a atteint sa limite, la résistance est moindre. Donc, il faut être capable de donner les soins sur place.» Dans les derniers kilomètres du parcours, des secouristes sont formés pour intervenir en attendant les spécialistes. 
«On amène une équipe médicale - infirmier, médecin, inhalothérapeute - sur place, avec l'oxygène. [...] On traite comme s'il était à l'hôpital. Quelqu'un ferait un arrêt cardiaque dans la salle d'urgence, ce serait la même chose.»
Lorsque les ambulanciers sont arrivés sur les lieux du drame, ils ont pris le relais. Les manoeuvres de réanimation ont été effectuées jusqu'à l'hôpital, confirme le superviseur de la Coopérative des techniciens ambulanciers de la région de Québec, Jean-François Roy. Le décès a été constaté dans les heures qui ont suivi.  Avec Jean-Frédéric Moreau
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Une organisation sous le choc
«Il y avait un beau gros ciel bleu aujourd'hui. Ça vient définitivement mettre un gros, gros nuage noir...» Chantal Lachance, vice-présidente aux opérations chez Gestev, entreprise qui organise le Marathon Lévis-Québec, était sous le choc dans les heures ayant suivi la mort d'un coureur de 30 ans. «C'est complètement épouvantable. C'est la dernière chose à laquelle je vais penser en me couchant ce soir.»
«Toute notre organisation, on envoie nos plus sincères sympathies à la jeune famille. Écoutez, il avait 30 ans. C'est un jeune garçon. Sa famille, sa conjointe, enfant et tous ses amis...»
«Toute l'équipe est complètement virée à l'envers. C'est dommage parce qu'on avait un magnifique 20e anniversaire pratiquement sans failles avec beaucoup de beaux sourires, une participation au-delà de nos espérances. On célébrait 37 personnes qui avaient fait les 20 événements. On venait tout juste de faire un petit cocktail en leur honneur lorsqu'on a eu la nouvelle de l'hôpital...»
Mme Lachance espère cependant que le drame ne poussera pas les gens à délaisser l'activité physique. «Plus on est en forme, moins on a de chance que ça nous arrive.»