Une annonce a été affichée à l’Université Laval pour recruter des étudiants bénévoles afin de participer à un exercice de contrôle de foule. Il y est notamment suggéré d'apporter un foulard pour se couvrir le visage et un masque à gaz.

Manifestants bénévoles sollicités à l'UL: la SQ reconnaît son erreur

La Sûreté du Québec reconnaît avoir fait une erreur, dimanche à l'Université Laval, en sollicitant des étudiants pour être manifestants bénévoles en vue d'un exercice de contrôle de foule qui aura lieu le 14 mars dans le secteur de Valcartier.

«Ce n'était pas supposé être là, sur le campus de l'Université Laval, confirme au Soleil le lieutenant Jason Allard. En temps normal, on sollicite les jeunes en technique correctionnelle, policière ou de sécurité pour ce genre de simulations-là.»

La sélection des bénévoles pour les opérations de pratiques de la SQ devrait normalement se faire dans des groupes d'étudiants spécifiques, aux dires de M. Allard.

Ce dernier assure d'ailleurs avoir tiré des leçons de la bévue. Son équipe fera passer un message de rappel pour éviter que de tels écarts se reproduisent.

«On essaie de savoir comment ça s'est rendu au niveau de l'Université Laval. Ce qu'on sait et ce que je peux vous dire pour l'instant, c'est que c'est l'un des endroits qui n'aurait pas dû être visé.»

Indignation sur fond de G7 

C'est le Collectif Subvercité qui, à l'origine, a partagé sur sa page Facebook l'annonce apparemment affichée sur un babillard du pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval, ce qui a immédiatement provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux.

La publication initiale avait déjà atteint près de 800 partages, dimanche en début de soirée. 

Très rapidement, plusieurs internautes ont dénoncé une tentative maladroite et mal camouflée de se préparer à d'éventuels débordements lors du sommet du G7, prévu en juin prochain à La Malbaie, dans la région de Charlevoix. 

«Le fait que ce soit la SQ qui organise sur, ou proche de Valcartier, le prouve en masse. Je seconde que si le fait est avéré et authentique, il se peut bien que ce soit une pratique en vue du G7. Ça tombe sous le sens», a dit l'un d'eux. 

Une rumeur que les agents de la Sûreté du Québec ont rapidement démentie, expliquant plutôt que ce genre d'exercice est pratiqué sur une base annuelle, et que des étudiants avaient déjà été interpellés pour le même motif dans le passé. 

«Normalement, oui, le groupe intégré de sécurité va faire des pratiques à des dates ultérieures en préparation [pour le G7], mais pour l'instant, ce sont vraiment des pratiques annuelles et régulières», assure d'ailleurs le lieutenant Allard. 

Ce serait plutôt pour simuler des conditions très concrètes, selon lui, que la SQ a fait appel aux étudiants, qui ont souvent l'expérience des manifestations. 

«Ça n'a rien à voir avec la G7.. Yeah, right!» a ensuite écrit sur sa page le Collectif Subvercité, un groupe qui s'affirme haut et fort comme étant anticapitaliste. 

L'UL réagit

Contacté dimanche, l'administration de l'Université Laval indique que son règlement concernant l'affichage sur son campus est très clair.

«Quiconque projette une activité de vente, de distribution, de sollicitation ou d'affichage dans les lieux universitaires doit obtenir l'émission d'un permis ou d'une autorisation écrite», affirme la porte-parole de l'institution d'enseignement, Andrée-Anne Stewart, par écrit. 

Il n'était pas possible, dimanche soir, de savoir si la Sûreté du Québec a obtenu ce genre de permis d'affichage.

Pas nouveau 

«Ces opérations-là, on veut le rappeler, ce n'est pas nouveau pour autant, ça se fait relativement régulièrement, note Jason Allard. Naturellement, on veut mettre nos équipes dans des situations les plus réelles possible justement pour bien les former aux interventions sur le terrain.»

«Un scénario avec objectifs bien précis sera donc vécu par les policiers» au cours de cette journée, prévient l'agente de la SQ, Nicole Gagné, qui signe ladite publicité. 

«Aucune initiative personnelle ou débordement de la part d'un étudiant ne sera toléré, écrit-elle. Il est interdit de porter un couteau ou un canif sur vous.»

Il est suggéré, plus loin dans l'annonce, d'apporter un foulard pour se couvrir le visage et un masque à gaz.