Les recherches sont ardues pour retrouver Maïté Viens, 21 ans, disparue dans les chutes Jean-Larose à Beaupré il y a dix jours.

Maïté introuvable, malgré les efforts

«Chaque matin, un nouvel espoir. Chaque soir, une nouvelle déception.»
La phrase a été entendue lundi. Elle est d'un proche de la famille qui, comme des dizaines d'autres bénévoles, recherche sans relâche, Maïté Viens, 21 ans, disparue dans les chutes Jean-Larose à Beaupré il y a dix jours. Il aurait aussi pu la prononcer mardi au terme d'une dixième journée infructueuse.
Il y avait quelque chose d'infiniment triste à regarder, en début de soirée, le père de la victime creuser à la pelle le bassin rempli de sédiments au pied de la cascade, devant un parterre de gens visiblement épuisés. Comme si l'énergie devenait insuffisante pour la tâche à accomplir.
Pourtant, la journée avait commencé d'un bon pied avec un plan d'attaque sur trois fronts, impliquant des moyens considérables, pour retirer les sédiments des bassins et réduire le débit du cours d'eau.
Pour une seconde journée, des scaphandres de l'entreprise Ultratech, dont les propriétaires sont amis de la famille de la disparue, ont pompé mécaniquement les fameux sédiments du bassin sous lesquels reposerait la dépouille.
Le travail des plongeurs est particulièrement ardu en eau vive comme à la chute Jean-Larose.
Une pelle mécanique élargit le sentier qui longe la rivière pour transporter de gigantesques pompes.
«C'est une situation exceptionnelle, lance Magali Derderian, copropriétaire d'Ultratech et une proche des parents de Maïté. Les scaphandres travaillent habituellement au fleuve, pas en eau vive.
«C'est très physique comme travail. Les sédiments sont compacts et la visibilité est d'à peine deux pieds», expliquait-elle en milieu de journée. Son aide est bénévole. Le travail de l'équipe est colossal. L'accessibilité au site est difficile et le matériel requis est imposant. Des scaphandres d'une seconde entreprise, Expertech Marine, ont aussi fourni temps et équipement.
Jeudi dernier, les autorités avaient décidé d'ouvrir un barrage situé en amont pour vider un lac près de la route qui mène au mont Sainte-Anne, espérant réduire le débit du cours d'eau. L'effet pervers a été de transporter les sédiments jusqu'au bassin maudit, enterrant Maïté, suppose-t-on.
Pendant que les scaphandriers étaient à l'oeuvre, plus haut, une autre équipe réussissait à colmater une brèche qui s'était formée dans le barrage. Vers 14h, le débit était "enfin" réduit de plus de la moitié. L'équipe du bassin pouvait mieux analyser la situation. Mais avec si peu d'eau, les pompes devenaient inefficaces, d'où l'utilisation des pelles.
Le père de Maïté, entouré de proches et de bénévoles.
Depuis une semaine, il semble que chaque solution engendre un problème. Mercredi, le lac devrait avoir retrouvé son niveau habituel. Cette fois, pas question de rouvrir le barrage. Quoi faire alors?
Toujours mardi, une pelle mécanique élargissait le sentier qui longe la rivière pour transporter cinq gigantesques pompes. L'eau ainsi captée sera déviée par d'immenses tuyaux jusqu'à un fossé naturel en forêt qui la ramènera plus bas au pied des chutes. C'est le plan d'action pour mercredi.
«Chaque matin, un nouvel espoir».