Ciblant particulièrement les adeptes de skate, le premier TRH-Bar s'est installé sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal, en avril 2013. Si pour certains, l'établissement organise les meilleurs partys, pour d'autres, il est un lieu d'incitation à la débauche.

L'installation du TRH-Bar ralentie par la police de Québec

Si le TRH-Bar ouvre ses portes sous peu dans Saint-Roch, tel qu'il compte le faire depuis maintenant trois mois, il le fera sur fond de controverse, après que la police de Québec se soit récemment opposée à son ouverture.
Ciblant particulièrement les adeptes de skate, le premier TRH-Bar s'est installé sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal, en avril 2013. Si pour certains, l'établissement organise les meilleurs partys, pour d'autres, il est un lieu d'incitation à la débauche. Cette mauvaise réputation a même suivi jusqu'à Québec les copropriétaires du bar, Fred Vitu et Joe Valina, lorsque ceux-ci ont décidé d'ouvrir une deuxième succursale à Québec, au 100, rue Saint-Joseph Est, soit tout près du CLSC de la Basse-Ville.
David Poitras, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), admet qu'«il y a eu recommandation [auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux, RACJ] de ne pas donner de permis de bar» au futur établissement. «Nous, on fait des recommandations, mais c'est la RACJ qui décide», ajoute-t-il toutefois.
Sur quelle base le SPVQ a-t-il émis une telle recommandation? Sans blâmer directement l'établissement, David Poitras rappelle qu'en ce qui a trait au «calage» d'alcool, «nous, c'est carrément tolérance zéro. On n'en veut pas, des concours de calage. C'est bien inscrit dans la LIMBA [Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques] : les tenanciers de bars ne peuvent pas encourager ce genre de choses-là.»
Selon Vice Québec, qui a fait état mardi du cas du TRH-Bar à Québec, le bar de Montréal aurait reçu quatre constats d'infraction en 2013 pour consommation d'alcool sur la voie publique, et son permis d'alcool lui aurait été révoqué pendant quatre jours en mai 2016. 
Le média mentionne par ailleurs que le SPVQ se serait fié sur les photos tirées du compte Facebook du TRH-Bar pour faire son enquête. «Des images prises hors de leur contexte», se défend Fred Vitu dans l'article de Vice Québec.
37 engagements
Du côté de la Régie, on explique qu'une enquête policière est systématiquement effectuée lorsqu'une nouvelle demande de permis de bar est déposée. Et bien que cette enquête ait, en premier lieu, mené à une «objection policière» en ce qui a trait au TRH-Bar, «les policiers se sont ensuite désistés de leur objection du fait que le demandeur a pris plusieurs engagements», indique Joyce Tremblay, porte-parole de la RACJ.
Concrètement, «les avocats des deux parties en sont venus à une entente. Le demandeur a décidé de s'engager à respecter plusieurs, plusieurs choses. Il y a 37 engagements», affirme Mme Tremblay.
Il ne reste maintenant plus qu'aux deux régisseurs chargés du dossier de consigner lesdits engagements et de rendre leur décision, ce qui n'est qu'une formalité, laisse-t-elle entendre à demi-mot. «Les régisseurs ont trois mois pour rendre leur décision, mais vous comprendrez qu'ils vont le faire de façon très, très rapide. Selon moi, cette semaine, la décision va être prise.» 
C'est ce qu'espèrent ardemment Fred Vitu et Joe Valina, qui voudraient ouvrir les portes de leur établissement de Québec dès le 23 mars.