L'ex-agente d'infiltration de la Sûreté du Québec Marie-Pierre Tremblay, condamnée le 19 mai dernier à une peine de 18 mois à purger dans la collectivité pour avoir fourni des renseignements policiers à son copain, demande à être relevée de ses plaidoyers de culpabilité.

L'ex-policière Tremblay veut maintenant un procès

L'ex-agente d'infiltration de la Sûreté du Québec Marie-Pierre Tremblay veut être relevée de ses plaidoyers de culpabilité et réclame un nouveau procès; elle allègue avoir admis ses torts sous la pression de son avocat de l'époque.
Au terme d'une longue saga judiciaire, Marie-Pierre Tremblay, 38 ans, a finalement été condamnée le 19 mai dernier à une peine de 18 mois à purger dans la collectivité pour avoir fourni des renseignements policiers à son copain. Tremblay avait ainsi informé Kevin Harvey-Maltais qu'il était dans la mire des policiers pour du trafic de drogue.
La policière a été arrêtée le 12 juin 2013. Elle a été remise en liberté et envoyée en maison de thérapie pour régler un problème de consommation de stupéfiants.
Le 10 novembre 2015 et le 29 avril 2016, l'ancienne agente d'infiltration plaidait coupable aux accusations d'usage frauduleux d'un ordinateur, d'entrave à la justice, d'abus de confiance, de trafic du GHB et de métamphétamines et possession de cocaïne.
Les représentations sur la peine se sont ensuite étalées sur huit journées de cour.
Le 19 juin dernier, à la veille de l'expiration du délai d'appel, Marie-Pierre Tremblay a demandé à l'avocat Jean Petit, qui la représentait au début des procédures, de faire appel de ses plaidoyers de culpabilité.
L'ex-policière allègue avoir subi des pressions d'un de ses précédents avocats, Me Jean-François Boucher, pour qu'elle plaide coupable aux accusations. Son consentement était vicié, ajoute-t-elle.
«Votre requérante ne conteste pas la peine qu'elle a reçue, écrit l'avocat de Marie-Pierre Tremblay dans sa requête à la cour d'appel. C'est plutôt la validité de son consentement à son plaidoyer de culpabilité qu'elle conteste avec véhémence.»
L'ex-policière veut déposer une preuve nouvelle devant la cour d'appel pour mettre en lumière les conseils de son ancien avocat et les décisions prises par ce dernier.
Marie-Pierre Tremblay soutient avoir plaidé coupable car elle était convaincue de l'inexistence d'une défense. Elle dit avoir notamment été informée par son ex-avocat de l'impossibilité de contester quelque mandat que ce soit (perquisition, écoute électronique localisation).
Elle ajoute qu'elle avait «une confiance aveugle» en Me Jean-François Boucher, qui l'a représentée du 25 mars 2014 au 3 décembre 2015, et «n'a jamais remis en cause ses décisions».