D’après les intervenants ayant travaillé avec lui, Gilles Vaillancourt semble «minimiser et banaliser» les gestes qu’il a commis et est peu enclin à discuter de son implication criminelle.

L’ex-maire Gilles Vaillancourt obtient sa semi-liberté

MONTRÉAL — L’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt, qui a été condamné à près de six ans de prison pour complot en vue de commettre un acte criminel, fraude et abus de confiance, a obtenu une semi-liberté de la part de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Un document de la Commission daté du 16 novembre indique que cette décision a été rendue à la suite d’une demande présentée par Gilles Vaillancourt et après que la Commission eut conclu qu’il n’y avait pas de motif raisonnable de croire qu’il commettrait une infraction accompagnée de violence s’il était remis en liberté.

Pour parvenir à cette décision, la Commission s’est notamment basée sur le comportement «conformiste» de l’ex-politicien en prison et sur sa faible dangerosité sociale.

Elle note toutefois que, d’après les intervenants ayant travaillé avec lui, Gilles Vaillancourt semble «minimiser et banaliser» les gestes qu’il a commis et est peu enclin à discuter de son implication criminelle.

En raison de la nature des actes reprochés à l’homme aujourd’hui âgé de 76 ans, la Commission a imposé des conditions spéciales, dont l’interdiction de participer à des activités rémunérées ou bénévoles reliées au milieu de la politique et l’interdiction d’être responsable d’investissements ou de questions financières pour une autre personne, une entreprise, une oeuvre de charité ou une institution.

Ces conditions comprennent aussi l’obligation d’effectuer du bénévolat auprès d’une ressource choisie par la Commission.

Selon le site Web de la Commission, la semi-liberté permet à un délinquant de prendre part à des projets dans la collectivité afin de se préparer à sa libération conditionnelle totale, mais exige qu’il rentre chaque soir dans un établissement résidentiel communautaire ou un foyer de transition.

Maire de Laval de 1989 à 2012, Gilles Vaillancourt avait pris le chemin du pénitencier de Saint-Jérôme en décembre 2016 après avoir plaidé coupable aux accusations déposées contre lui en 2013 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec le système de collusion et de corruption dans l’adjudication des contrats publics découvert dans la municipalité.

Gilles Vaillancourt a écopé d’une peine d’emprisonnement de 5 ans, 11 mois et 15 jours, et s’est engagé à remettre 8,6 millions $ à la Ville de Laval.

En vertu de la loi, il était admissible à une semi-liberté au sixième de sa peine.