Dans une des deux lettres anonymes envoyées à la police de Wendake, il est écrit que l'ex-chef Éric Gros-Louis, accusé d'une fraude de 7000 $, est en fait victime d'un complot qui visait à le faire congédier.

L'ex-chef de police de Wendake Éric Gros-Louis coupable

L'ancien chef de police de Wendake Éric Gros-Louis a multiplié les manoeuvres douteuses et s'est rendu coupable d'une fraude de 7000 $ aux dépens de la nation huronne-wendat, a tranché la Cour du Québec.
Dans une décision sans équivoque, le juge Pierre L. Rousseau a déclaré l'accusé de 44 ans coupable de trois fraudes.
Alors qu'il se trouvait dans une situation financière précaire en 2012, le chef de police Gros-Louis a encaissé successivement dans son compte personnel trois chèques émis par le corps de police afin de rembourser, disait-il, des paiements faits à un informateur.
Le procureur de la Couronne Me Juan Manzano a réussi à convaincre le juge que les paiements à la source n'ont jamais eu lieu et que les montants ont bel et bien profité à l'accusé, en contravention flagrante avec les fins pour lesquelles ces sommes avaient été versées par le conseil de bande.
Les reçus rédigés par l'accusé pour démontrer les paiements à la fameuse source policière «ne sont que faussetés à plusieurs égards», estime le juge. 
Si Éric Gros-Louis n'avait rien à se reprocher, pourquoi, après le déclenchement de l'enquête, organiser en catimini, dans un garage, une rencontre avec un collègue policier pour le convaincre de dire qu'il était présent lors des rencontres avec la source? demande le juge Rousseau.
«Le Tribunal considère que l'accusé a tout fait pour essayer justement de ne pas être transparent dans ses relations avec la source et également quant aux sommes versées, comme s'il cherchait à effacer toute trace des sommes d'argent obtenues de la communauté, et qui devaient servir à une fin particulière, celle d'une compensation à la source», écrit le juge Rousseau.
Les avocates d'Éric Gros-Louis avaient plaidé en défense qu'il n'y avait aucune preuve que les paiements n'avaient pas été faits à l'informateur et que ce dernier n'avait pas fourni de renseignements utiles.
Me Sophie Bérubé et Me Caroline Gravel n'ont pas voulu commenter le jugement. Elles ont indiqué qu'elles étudieraient la possibilité d'interjeter appel.
Le procureur de la Couronne Manzano entend réclamer une peine de détention dans la collectivité ou à purger de façon discontinue. «Le montant n'est pas faramineux comparativement à d'autres dossiers de fraude, convient Me Manzano. Mais ce qui pèse lourd, c'est le fait que c'est un chef de police qui profite de sa position, de sa bonne réputation pour avoir un comportement et retirer des avantages qu'il ne devrait pas retirer.»
Dossier clos
Après avoir suivi tout le procès, l'actuel chef de police de Wendake Daniel Langlais n'était pas surpris du dénouement. «M. Gros-Louis avait fait son procès avant dans les médias, en disant que c'était des complots contre lui, mais à son procès, il est resté assis, constate M. Langlais. Là, ça va clore le dossier.»
Le chef Langlais était aussi heureux de voir le juge Rousseau réitérer l'importance des règles entourant la gestion des sources policières. «On manipule l'argent du public», souligne M. Langlais.
Éric Gros-Louis n'en a pas encore fini avec la justice; il fait toujours face à des accusations d'entrave et de vol.