Le juge attribue la présence de l'ex-policière devant le tribunal à une série de «problèmes personnels» plutôt qu'à «des valeurs délinquantes».

L'ex-agente de la SQ Marie-Pierre Tremblay évite la prison

L'ex-agente de la Sûreté du Québec, Marie-Pierre Tremblay, accusée d'avoir fouillé dans le Centre de renseignements policiers du Québec au bénéfice de l'individu dont elle s'était amourachée, a été condamnée vendredi à une peine de 18 mois à purger dans la collectivité et à 240 heures de travaux communautaires.
En présence de parents et d'amis, la frêle jeune femme de 38 ans a reçu sans broncher le verdict du juge Alain Morand dont la décision a été rendue après environ une heure d'explications sur les tenants et aboutissants de l'affaire. 
L'accusée, autrefois agente d'infiltration au sein de la SQ, était inculpée de neuf chefs d'accusation, dont usage frauduleux d'un ordinateur, entrave au bon fonctionnement de la justice, abus de confiance, trafic de GHB et de méthamphétamines, et possession de la cocaïne.
Parmi les circonstances atténuantes, le juge Morand a mis en évidence «le risque de récidive faible» de l'accusée, attribuant sa présence devant le tribunal à une série de «problèmes personnels» plutôt qu'à «des valeurs délinquantes». La principale intéressée a qualifié elle-même, en cours d'enquête, son comportement de «stupide» et comme «une succession de mauvaises décisions».
Son déploiement en Haïti, en 2008, à l'occasion d'une mission de paix avec les Casques bleus, avait laissé l'ex-policière avec un trouble de stress post-traumatique, ce qui l'aurait poussée à la consommation de substances. 
Mauvaise fréquentation
C'est en décembre 2012 qu'elle a fait la connaissance de Keven Harvey-Maltais, un trafiquant de drogues avec qui elle développera une relation. L'accusée lui avait fait savoir que des enquêteurs s'intéressaient à lui, d'où son intrusion illégale dans le fichier du centre de renseignements policiers afin de lui fournir davantage de détails.
Le juge Morand est revenu sur la «bonne collaboration» dont a fait preuve l'ex-policière tout au long de l'enquête, ainsi que sur sa volonté de reprendre sa vie en main. L'accusée a fait «une introspection adéquate» et présente, selon le juge Morand, «un indice probant de réhabilitation».
Depuis son arrestation, en juin 2013, la femme originaire d'Alma a complété un diplôme d'études professionnelles en électricité, en plus de suivre une thérapie pour régler ses problèmes de toxicomanie, ainsi que le trouble d'anorexie mentale dont elle est affligée depuis l'adolescence.
La Couronne avait réclamé trois ans d'emprisonnement.