Les signalements, «c'est primordial», rappelle la DPJ

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Capitale-Nationale rappelle l’importance de faire un signalement lorsqu’on est témoin d’une situation qui pourrait compromettre la santé ou la sécurité d’un enfant.

«C’est primordial. Pour qu’on puisse intervenir, il nous faut un signalement, au même titre que la police a besoin d’une plainte pour intervenir. Le signalement peut venir de n’importe qui, et c’est toujours confidentiel», rappelle en entrevue au Soleil le directeur adjoint à la protection de la jeunesse au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Patrick Corriveau.

Sans commenter le cas des enfants de Charlesbourg — la DPJ ne commente jamais les dossiers particuliers — M. Corriveau indique que toute information mérite d’être signalée quand on voit un enfant qui semble être victime de maltraitance, «peu importe la forme». 

«Même si on pense que l’information peut paraître anodine, même si on n’est pas sûr, ça vaut la peine de faire un signalement parce que c’est peut-être la pièce de casse-tête qui manque à la DPJ pour intervenir, ça peut compléter un autre appel ou une autre information qu’elle a eue», dit Patrick Corriveau, qui rappelle que «plus on intervient tôt, plus on peut limiter les retards de développement de l’enfant».

Au sens de la Loi sur la protection de la jeunesse, les cas d’abandon d’enfant, qui impliquent «un désinvestissement majeur des parents», sont très rares, selon M. Corriveau. «Ça ne représente que quelques cas par année sur plusieurs milliers d’interventions. Ce n’est pas parce qu’on laisse un enfant sans surveillance dans un logement qu’on peut parler d’abandon d’enfant. Il faut que l’abandon soit sur du long cours, que le parent n’assume pas les soins ou l’éducation de son enfant», précise-t-il. 

Cas de négligence

Les cas de négligence, toujours au sens de la Loi sur la protection de la jeunesse, sont plus courants, alors qu’ils représentent environ 30% des interventions de la DPJ. «Quand on parle de négligence, on parle d’un manque d’encadrement, de surveillance. L’enfant est un peu laissé à lui-même dans son milieu. Ses parents ne répondent pas à ses besoins fondamentaux sur le plan éducatif ou sur le plan physique. Il peut vivre dans un logement insalubre, par exemple», définit M. Corriveau.

La DPJ essaie autant que possible de travailler avec les parents pour développer leurs aptitudes parentales lorsque le signalement qui lui est fait nécessite son intervention. «Dans les situations où les parents ne collaborent pas ou ne reconnaissent pas le problème, et où il y a des risques pour la sécurité de l’enfant, on procédera au placement, soit dans le réseau élargi de l’enfant, soit dans une famille d’accueil», précise M. Corriveau.

Selon lui, environ 40% des enfants pour lesquels la DPJ intervient font l’objet d’un placement chez un proche ou une famille d’accueil.

Pour faire un signalement à la DPJ de la Capitale-Nationale: 418 661-6951