Barry et Honey Sherman ont été retrouvés morts dans leur résidence du nord de Toronto à la mi-décembre.

Les Sherman victimes d’un double homicide, selon la police

Le fondateur d’Apotex, Barry Sherman, et sa femme Honey ont été victimes d’un double homicide, mais aucun suspect n’a encore été identifié, a reconnu vendredi la police de Toronto.

La sergente détective Susan Gomes, de l’escouade des homicides, a dit que la police en était arrivée à cette conclusion après une longue enquête.

«Les preuves que nous avons recueillies au cours des six dernières semaines me laissent croire que le couple a été ciblé», a-t-elle avancé. Honey et Barry Sherman ont été retrouvés morts dans la partie peu profonde de la piscine. Ils étaient suspendus à une balustrade de la piscine dans une position recroquevillée.»

Barry et Honey Sherman, tous deux septuagénaires, étaient encore habillés lorsqu’ils ont été retrouvés, a ajouté la police.

Les autopsies avaient révélé que tous deux étaient morts par strangulation, a rappelé la détective Gomes.

«On s’est concentré sur les faits, a-t-elle dit. Les conjonctures et les spéculations n’avaient pas leur place.»

Le couple a été vu pour la dernière fois le 13 décembre au soir. La police, intervenant à la suite d’un appel au 911, a découvert les cadavres deux jours plus tard. Depuis, elle a passé la maison au peigne fin, avant de permettre à la famille de la récupérer vendredi matin.

«Il n’y avait aucun signe d’entrée par effraction dans la résidence», a dit la détective.

Mme Gomes a refusé de préciser si les deux victimes avaient été tuées dans la maison ou si des marques apparaissaient sur leurs poignets.

Par voie de communiqué, la famille - qui avait engagé des détectives privés afin de déterminer s’il s’agissait d’un double meurtre ou d’un meurtre suivi d’un suicide - a déclaré qu’elle s’attendait à ce que la police confirme ce qu’elle soupçonnait.

«Cette conclusion confirme ce dont se doutait à la famille depuis le début de l’affaire et ce qu’avait permis de découvrir une enquête et des autopsies indépendantes. La famille continue d’appuyer la police de Toronto dans ses efforts pour que justice soit rendue à nos parents.»

Aucune trace d’effraction

Les premiers éléments de l’enquête, a-t-elle dit, permettent d’affirmer que les époux Sherman «ont été vus vivants pour la dernière fois le mercredi dans la soirée», soit moins de deux jours avant la découverte des corps.

La maison, où les scellés ont été levés vendredi, ne révélait aucune trace d’effraction, a indiqué l’inspectrice Gomes.

En concluant à un double assassinat, la police a donné raison à la famille qui, dès le départ, avait refusé la thèse du meurtre de Mme Sherman par son époux qui se serait ensuite pendu.

Les enfants avaient engagé une équipe de détectives privés dirigés par l’avocat vedette de Toronto Brian Greenspan et réclamé une deuxième autopsie.

«La conclusion (de la police) a été exprimée par la famille dès le départ et est conforme aux résultats de l’autopsie indépendante de l’enquête», a indiqué la famille dans un communiqué.

Cette autopsie avait mis en évidence des marques aux poignets des deux victimes causées par des cordelettes ou des liens en plastique. A la découverte des corps, les poignets n’étaient plus entravés et les liens n’ont pas été retrouvés sur les lieux du crime, selon des détectives cités par le Toronto Star.

Barry Sherman avait créé en 1974 la société Apotex, spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques et employant plus de 11 000 personnes dans le monde.

Le couple Sherman contribuait à de nombreux organismes caritatifs avec sa fortune évaluée à 4,7 milliards de dollars canadiens (3 milliards d’euros).

Le milliardaire était aussi un important donateur du parti libéral actuellement au pouvoir. Quelques jours avant sa mort, Barry Sherman cherchait à obtenir le classement sans suite d’une enquête pour une levée de fonds pour la campagne victorieuse en 2015 de l’actuel Premier ministre Justin Trudeau, contrevenant au code des lobbyistes. Avec AFP