Les personnes venues tenter de retrouver le corps de Maïté Viens, disparue le 21 mai aux chutes Jean-Larose, à Beaupré, ont été désolées d'apprendre que la SQ avait suspendu les recherches pour des raisons de sécurité.

Les recherches pour Maïté Viens suspendues

Évoquant des raisons de sécurité, la Sûreté du Québec (SQ) a décidé de suspendre samedi matin les recherches dans le deuxième bassin des chutes Jean-Larose, à Beaupré, pour retrouver le corps de Maïté Viens, disparue à cet endroit le 21 mai.
Maïté Viens
«C'est la catastrophe. Quand je suis arrivé à 6h30 [samedi] matin, ils nous ont dit que les recherches sont terminées», a réagi Mario Déraspe, un ami de la famille de Maïté Viens. L'homme a indiqué que la SQ allait réévaluer le dossier lorsque les conditions seront plus sécuritaires.
«D'un coup sec, ils disent que c'est dangereux», s'est-il désolé, alors que la veille, la police semblait confiante de reprendre les recherches samedi dès l'aube.
La SQ craignait qu'un «coup d'eau» puisse emporter les gens qui pelletaient dans le fond de ce bassin. «Pour ce type de recherche-là, à pelleter dans des profondeurs de 15 pieds, ce n'était pas sécuritaire», a expliqué Hélène Nepton, de la SQ. Si les recherches dans la rivière sont suspendues, Mme Nepton précise que d'autres sur la terre ferme auront lieu dans les prochains jours.
M. Déraspe se dit déçu du dénouement de la situation, «surtout après avoir travaillé 10 jours ici pour essayer de trouver le corps de Maïté». «On était à 3 pieds près du but. Aujourd'hui, c'était le jour J. C'est ça que je trouve le plus dommage. Le moral est au plus bas», a-t-il laissé tomber.  
La Sûreté du Québec refuse de dire que les recherches sont «abandonnées», puisque d'autres opérations terrestres auront lieu dans les prochains jours.
Hélène Nepton ajoute que la déception de ne pas avoir retrouvé Maïté Viens est aussi grande du côté de la SQ. «Depuis 14 jours, on déploie des efforts extraordinaires. Mais on en vient à un point que c'est la sécurité des gens qui travaillent qui est en cause», a relaté Hélène Nepton.
La journée de samedi semblait pourtant remplie d'espoir alors que la veille, la Sûreté du Québec avait indiqué qu'un convoyeur serait sur place samedi pour retirer rapidement les quantités de sédiments. La réévaluation de la situation a toutefois forcé les autorités à suspendre les recherches dans le deuxième bassin.
L'incompréhension des parents de la victime est compréhensible, ajoute Mme Nepton, bien qu'ils ne soient pas du même avis sur la nécessité de poursuivre les recherches dans la rivière. Samedi après-midi, des dizaines de personnes se seraient réunies à Beaupré, près du périmètre de sécurité établi par la SQ, pour appuyer les citoyens et les proches qui souhaitaient la poursuite des recherches, a souligné Mario Déraspe.
«Je m'y attendais»
«Je m'y attendais. Ils ont passé une semaine à faire des recherches dans un bassin où elle n'était pas», a avancé Anthony Kelso, directeur général de Kayak Côte-de-Beaupré, présentement en convalescence. Selon lui, le corps de Maïté Viens se trouve très certainement dans le deuxième bassin. Les équipes de la SQ auraient perdu un temps précieux à fouiller le troisième bassin en premier.
«Les premiers répondants m'ont dit que personne ne l'avait vue tomber dans la deuxième chute», a-t-il raconté. Un témoin aurait toutefois vu ce qu'il croyait être la victime tomber dans la troisième chute, dans le dernier bassin. Une fausse piste, croit Anthony Kelso.
«Je n'ai jamais été capable d'atteindre le fond du deuxième bassin», a-t-il poursuivi, alors qu'il a l'habitude de se baigner dans la rivière plusieurs fois durant l'été. Le premier bassin serait quant à lui peu profond et il était normal que des recherches aient lieu à cet endroit.
Quant aux recherches terrestres, M. Kelso estime qu'elles sont une «perte de temps» et «inutiles». Connaissant comme le fond de sa poche cette rivière qu'il fréquente depuis des dizaines d'années, M. Kelso ne croit pas que la victime puisse être ailleurs que dans le deuxième bassin, là où des recherches auraient normalement eu lieu samedi.
La Sûreté du Québec a veillé à sécuriser le terrain avant de quitter les lieux, a ajouté Hélène Nepton, afin d'éviter qu'une personne inexpérimentée tente quelque chose qui pourrait mettre sa vie en danger.