Leur fonds de grève épuisé, les juristes de l'État sont à bout de souffle après 17 semaines de conflit de travail, a déclaré lundi le président de leur syndicat, Me Jean Denis (à gauche).

Les juristes de l'État à «bout de souffle et enragés»

Leur fonds de grève épuisé, les juristes de l'État sont à bout de souffle après 17 semaines de conflit de travail, a déclaré lundi le président de leur syndicat.
Jean Denis a dressé ce constat au moment où son organisation a décidé de poursuivre le gouvernement, qu'il accuse de négocier de mauvaise foi. Le syndicat réclame 36,8 millions $ en dommages dans son recours au Tribunal administratif du travail (TAT).
«Les membres sont à bout de souffle, oui, a-t-il dit. Cependant, ils sont enragés contre le gouvernement.» Selon le syndicat, les négociateurs continuent de tenir un discours différent de celui du président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.
M. Denis a affirmé que devant cette impasse, le regroupement Les avocats et notaires de l'État (LANEQ) s'est résolu à opter pour la voie des tribunaux pour dénoncer cette façon de faire. «Le gouvernement ne négocie pas de bonne foi comme il a l'obligation de le faire en vertu du Code du travail, a-t-il dit dans une conférence de presse. On a donné un mandat à nos procureurs à l'effet de déposer une procédure dans les prochaines heures.»
Pas d'indemnités
Le fonds de grève des syndiqués est épuisé et ils n'ont pas touché d'indemnités depuis la fin du mois de janvier, a-t-on indiqué.
LANEQ est toujours prête à négocier avec le gouvernement si jamais une ouverture est possible, a indiqué son président, qui dénonce toutefois l'attitude des négociateurs mandatés par le Conseil du trésor.
Selon M. Denis, les syndiqués sont les seuls à avoir atténué leurs positions durant les pourparlers à la table de négociation. Les membres de LANEQ doivent par ailleurs décider mardi s'ils poursuivent ou non la grève. M. Denis s'attend à un vote «serré» sur le retour ou non au travail et à un refus des dernières offres qui prévoient 5,25 % de hausses salariales en cinq ans.