Les agents correctionnels qualifient d'inacceptables les dernières offres du gouvernement du Québec.

Les gardiens de prison manifestent

Sans contrat de travail depuis le 1er avril 2015, des agents correctionnels de partout au Québec ont manifesté mercredi devant l'Assemblée nationale pour dénoncer les dernières offres du gouvernement du Québec, qu'ils qualifient d'inacceptables.
Les salaires, les régimes de retraite, la formation et la précarité de la main-d'oeuvre sont les points sur lesquels le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels (SAPSCQ), affilié à la CSN, ne s'entend pas avec le gouvernement du Québec.
Le gouvernement offre un gel de salaire la première et la cinquième année de l'entente proposée et des hausses de 1,5 %, 1,75 % et 2 % les deuxième, troisième et quatrième années, ce qui est moins que ce qui a été consenti au front commun des employés de l'État, selon le président du SAPSCQ, Mathieu Lavoie. Pour un employé à temps plein, le salaire de base d'un agent correctionnel varie actuellement entre 46 000 $ et 62 780 $.
«Pour ce qui est du régime de retraite, le nôtre est capitalisé à 109 % et nous avons négocié de nouveaux paramètres en 2012. Pourtant, le Conseil du trésor nous demande maintenant d'augmenter l'âge du départ à la retraite ainsi que la pénalité pour ceux qui partent plus tôt», poursuit M. Lavoie. Les agents correctionnels peuvent présentement prendre leur retraite après 30 ans de service s'ils ont atteint l'âge de 50 ans, après 32 ans de service ou à l'âge de 60 ans.
Le Syndicat demande aussi un minimum d'heures de formation pour ses membres chaque année, notamment en intervention physique, réanimation cardiorespiratoire, incendies. «Il y en a qu'on n'a pas eu depuis quatre, cinq ou même six ans. Ça n'a aucun sens! La formation continue est l'un des endroits où on coupe dès que le gouvernement annonce des compressions budgétaires», indique M. Lavoie.
Finalement, les agents correctionnels digèrent mal que le gouvernement veuille remettre en question une mesure mise en place en 2008-2009 qui permet aux employés à temps partiel d'avoir un horaire à temps plein après cinq ans. «Ça avait été mis en place, car on avait de la difficulté à garder nos jeunes. Il y en a qui pouvaient faire 10 ou 11 ans à temps partiel avant. En voulant abolir cela, le gouvernement veut les ramener dans la précarité», déplore-t-il.