Le créateur d’une cryptomonnaie québécoise Dominic Lacroix a décrit pour une première fois à la cour les déboires qui sont les siens depuis que l’Autorité des marchés financiers enquête sur son défunt projet et a fait geler tous ses avoirs, en juin 2017.

Les déboires du créateur de Plexcoin

«Ils ont tout pris, ils ont même pris les rouleaux de 25 sous sur mon bureau.»

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Le créateur d’une cryptomonnaie québécoise Dominic Lacroix a décrit pour une première fois à la cour les déboires qui sont les siens depuis que l’Autorité des marchés financiers enquête sur son défunt projet et a fait geler tous ses avoirs, en juin 2017.

«Je n’ai plus le droit de travailler, je n’ai plus le droit d’avoir un compte en banque », se désole Lacroix, d’une voix étranglée par l’émotion. Selon l’AMF, Dominic Lacroix et son entreprise Plexcorp aurait vendu 55 millions de ses « Plexcoin » à des milliers d’investisseurs. Il aurait engrangé 15 millions $.

Lacroix et sa conjointe vivent toujours dans leur luxueuse maison de Montagne-des-Roches, une demeure évaluée à 2,5 millions $. L’inventeur du Plexcoin assure que tous ses paiements sont en retard et que les concessionnaires pourraient reprendre d’ici un mois ses voitures de luxe.

Ceux qui croient qu’il vit d’une provision illégale de bitcoins ont tout faux, assure Dominic Lacroix. Depuis un an, sa seule source de revenu, dit-il, est son travail de « mineur » de cryptomonnaie, qu’il accomplit grâce à ses ordinateurs, dans un anonyme local industriel.

L’Autorité des marchés financiers estime qu’à la fin du projet Plexcoin, une nouvelle cryptomonnaie qui ne vaut aujourd’hui plus grand chose, Lacroix avait le contrôle sur 778 bitcoins. Depuis le début des procédures, il en a transféré 424 à l’administrateur provisoire.

L’administrateur provisoire demande à la Cour supérieure de l’aider à récupérer ce qui reste de monnaie virtuelle à Lacroix, pour protéger les investisseurs.

Dominic Lacroix répète qu’il a tout donné quand le tribunal lui en a donné l’ordre. Il se dit incapable de faire une reddition de comptes car il n’a plus accès aux plate-forme d’échanges. Il ne peut pas non plus fournir les mots de passe de ses ordinateurs demandés par l’AMF.

« Je ne me suis jamais caché, j’ai toujours gardé mon adresse IP à moi, affirme-t-il. J’aurais pu utiliser un masqueur et transférer mes bitcoins en monero, une monnaie intraçable. »

Lacroix est convaincu qu’avec les fonds bloqués par la cour, tous les investisseurs du projet Plexcoin pourront retrouver leur mise. «J’ai fait les calculs et on a juste à peser sur un piton et ils vont être tous remboursé le montant qu’ils ont payés », assure l’administrateur.

Le juge Daniel Dumais de la Cour supérieure ne s’est pas laissé attendrir par les explications de Lacroix et l’a cité pour outrage au tribunal. À la mi-avril, les parties débattront si Lacroix a contrevenu aux ordres de la cour qui l’obligeait à produire un bilan assermenté, à transférer toute sa cryptomonnaie à l’administrateur provisoire et ne pas avoir fourni ses mots de passe.

Antécédent d’outrage au tribunal

En octobre 2017 Le créateur de la cryptomonnaie Plexcoin, Dominic Lacroix a été condamné à deux mois de prison pour avoir contrevenu aux ordres du tribunal des marchés financiers et continué à amasser une dizaine de millions de dollars auprès d’investisseurs.

Il a porté cette condamnation en appel.