Près de 28 000 livres de pierres qui se sont écroulées d'un seul coup jeudi, peu après 10h.

L'église du Très-Saint-Sacrement forcée de fermer

L'église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, est forcée de fermer ses portes pour une durée indéterminée puisqu'une partie du parement en pierres de la façade ouest s'est de nouveau écroulée, jeudi. Toutes les célébrations eucharistiques sont également annulées.
C'est la deuxième fois que des pierres tombent du mur en à peine quelques mois. Le 22 mai dernier, une partie du mur s'était détachée, le jour même où des travaux pour solidifier la structure devaient débuter. 
Cette fois, ce sont près de 28 000 livres de pierres qui se sont écroulées d'un seul coup jeudi, peu après 10h. 
Les travaux visaient initialement à solidifier le transept ouest de l'église, qui menaçait de s'écrouler. En raison des récents dommages, la facture totale des travaux devrait doubler, estime la paroisse du Très-Saint-Sacrement. 
Après l'événement du 22 mai, une partie du mur menaçait toujours de tomber, selon l'architecte mandaté pour surveiller le chantier, Gilles Duchesneau. C'est à ce moment que des travaux d'urgence se sont mis en branle pour s'assurer qu'en cas de nouvel éboulement, les pierres ne blessent personne. Un échafaudage a alors été installé afin de retenir les pierres. «Il y avait un gros risque que ça s'écroule quand les travailleurs enlevaient des pierres une à la fois», a expliqué l'architecte. 
Jeudi, au moment de retirer une autre pierre, tout le mur s'est mis à s'écrouler, raconte M. Duchesneau. «L'échafaudage a fait son travail», a-t-il précisé. La structure a permis d'éviter que 12 tonnes de pierres s'effondrent au sol. 
«Il y a encore une possibilité que ça tombe», a-t-il souligné, appelant à la vigilance des travailleurs et du public. À l'heure actuelle, l'entrepreneur doit retirer le plus de charge possible de l'échafaudage, pour éviter qu'il ne s'écroule lui aussi. Les travaux devraient se terminer mardi, précise M. Duchesneau, malgré le début des vacances de la construction. 
Le site est donc bouclé et l'accès à l'église est interdit pour une période indéterminée. «J'ai recommandé la fermeture complète de l'église. On ne prendra pas de chance», a ajouté M. Duchesneau, précisant qu'un surveillant veillera 24 heures sur 24 à ce que personne ne s'approche de l'échafaudage où toutes les pierres ne seront sûrement pas retirées avant le début de la semaine prochaine. 
Quant au transept est - à l'opposé du transept ouest où une partie du mur s'est écroulée - la structure est beaucoup plus solide, a avancé l'architecte. Une analyse a permis de constater que le travail de solidification avait déjà été réalisé, probablement à la fin des années 60, parce que le mur s'était effondré. 
Activités transférées 
«C'est un gros coup pour la communauté. Ça va avoir un impact parce que l'église était toujours ouverte», a exprimé le marguillier du conseil de la Fabrique de la paroisse, Yvon Bussières. La fermeture de l'église force la paroisse à réorganiser ses activités dans les églises Saint-Charles-Garnier et Saint-Michel-de-Sillery. Deux funérailles étaient prévues, mais elles seront plutôt célébrées à l'église Saint-Charles-Garnier. 
Le coût des travaux, quant à lui, devrait doubler, estime M. Bussières, qui pilotait une collecte de fonds pour amasser 250 000 $. «On va avoir besoin d'aide pour financer le tout. Il faut tout défaire et recommencer.» 
Les travaux devraient reprendre le 7 août. Ceux-ci consistent à remplacer les pierres au haut du mur près de la rosace et à sceller les joints entre les pierres.