Toufik Benhamiche, de Mascouche, a été condamné à une peine de quatre ans de prison à Cuba. Il a été reconnu coupable de négligence criminelle causant la mort.

Le Québécois retenu à Cuba de nouveau condamné à quatre ans de prison

MONTRÉAL — Toufik Benhamiche, ce touriste québécois retenu à Cuba depuis qu'il a été impliqué dans un accident nautique mortel, en juillet 2017, a de nouveau été condamné à une peine de quatre ans de prison.

Dans un communiqué publié mercredi, l'homme de Mascouche affirme avoir été condamné après avoir subi son nouveau procès, le 10 décembre.

M. Benhamiche avait été reconnu coupable de négligence criminelle, mais ce verdict avait été annulé en juin dernier par le plus haut tribunal cubain.

L'ingénieur de 48 ans se retrouve dans les limbes de la justice cubaine depuis la mort d'une autre touriste canadienne, lors d'une excursion à Cayo Coco. L'homme se trouvait aux commandes d'un bateau lorsqu'il en a perdu le contrôle.

Son embarcation a dévié de sa course et est entrée en collision avec celle à bord de laquelle se trouvait la victime, Jennifer Ann Marie Innis, une mère de trois enfants originaire de l'Ontario.

Toufik Benhamiche avait été condamné une première fois pour négligence criminelle causant la mort, mais ce verdict avait été annulé par le plus haut tribunal du pays un peu plus tôt cette année.

Ce nouveau verdict de culpabilité représente un dur coup pour le prévenu et ses proches. Ils clament depuis le début que le Québécois est la victime d'un système judiciaire qui cherche à tout prix un coupable sur qui jeter le blâme.

«Tous les faits au dossier démontrent clairement l'innocence de mon mari et l'absence de responsabilité dans cet accident», a commenté la femme de M. Benhamiche, Kahina Bensaadi, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Une manifestation en soutien à Toufik Benhamiche avait été organisée à Montréal début décembre pour réclamer l'intervention du gouvernement canadien et alerter l'opinion publique.

Les avocats de M. Benhamiche font valoir que l'entreprise qui lui a loué le bateau avait enfreint les normes de sécurité cubaines, lui avait offert très peu d'instructions et l'avait assuré qu'il n'y avait aucun danger avant qu'il ne prenne la barre de l'embarcation.

Selon Mme Bensaadi, un capitaine de la marine provinciale a déclaré lors du procès que «la violation du certificat de navigation du bateau a mis le bateau en surcharge, a changé le comportement du bateau et a probablement occasionné l'accident».

«Des arguments forts et solides»

De plus, les autorités cubaines n'auraient effectué aucune expertise sur le système d'arrêt du bateau à la suite de l'accident. Une expertise aurait été menée plusieurs mois plus tard et sur une autre embarcation.

«Tous les témoins ont clairement donné des arguments forts et solides qui démontrent pourquoi l'accident a eu lieu et comment l'accident a eu lieu et ce n'était pas la responsabilité de mon mari», a déploré la dame, qui parle régulièrement avec son mari coincé dans les Caraïbes.

Dans le communiqué envoyé aux médias, M. Benhamiche affirme qu'il compte porter sa nouvelle condamnation en appel. Il n'est pas incarcéré, mais demeure confiné en sol cubain pour au moins une autre année de procédures.

M. Benhamiche et Mme Bensaadi multiplient les démarches pour obtenir l'appui du gouvernement du Canada. L'été dernier, ils ont déposé une requête en Cour fédérale pour exiger des autorités canadiennes qu'elles leur viennent en aide.

Kahina Bensaadi interpelle directement le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. «Par leur inaction, ils donnent le droit aux autorités cubaines d'abuser des droits de mon conjoint et ils donnent le droit aux autorités cubaines d'intimider mon conjoint par une sentence qui n'est pas fondée sur les lois», a-t-elle lancé.

Par courriel, Affaires mondiales Canada confirme être bien au fait du récent verdict dans le dossier de M. Benhamiche et assure lui offrir de l'aide consulaire.

Le couple a aussi déposé une poursuite de 340 000 $ contre le voyagiste Vacances Sunwing avec qui il a fait affaire. L'entreprise avait déjà fait savoir qu'elle contesterait la poursuite.