Bernard Huot a vendu son entreprise à Viandex en septembre 2016.

Le proprio de la Boucherie Huot croyait le hachoir réparé

L’ancien propriétaire de la Boucherie Huot, Bernard Huot, était convaincu, à l’automne 2016, que son hachoir à viande était réparé.

Celui qui a été propriétaire de la Boucherie Huot à Saint-Nicolas durant 35 ans est accusé de négligence criminelle ayant causé des lésions à un jeune employé. Olivier Bouchard, 18 ans, est tombé dans le hachoir à viande en fonction le 10 novembre 2016 et a subi de graves blessures à la tête et à un bras.

Bernard Huot a vendu son entreprise à Viandex à la fin septembre 2016. «Dans ma tête, à ce moment-là, ce moulin-là avait été réparé. Je n’aurais pas vendu mon entreprise avec un appareil non conforme. Ça coûtait environ 300 $ de réparations, je n’aurais pas été malveillant pour ça.»

Bernard Huot avait appris de ses employés en 2014 que le hachoir industriel fonctionnait mal. Un électricien l’a éventuellement réparé en désactivant un système de sécurité. L’électricien avait prévenu patron et employés qu’il fallait désormais éteindre la machine avant d’y vider de la viande puisque le hachoir ne s’arrêtait plus lorsqu’on ouvrait le couvercle.

Désactivation autorisée

Selon l’électricien, Bernard Huot avait autorisé le «bypass», la désactivation du système d’arrêt par le couvercle. L’ancien propriétaire a témoigné à la cour qu’il était au courant, mais croyait que ce bypass était seulement temporaire et que le hachoir allait être réparé dès qu’une pièce supplémentaire serait livrée.

Bernard Huot n’a jamais testé lui-même le hachoir pour vérifier son état après les visites de l’électricien.

En 2015, Bernard Huot a eu un diagnostic de dépression et a commencé à prendre des médicaments. Il passait plusieurs mois en Floride et quelques semaines à la chasse. Il a aussi dû subir des traitements en 2016 pour un cancer à la gorge.

Ses deux contremaîtres étaient chargés de faire réparer les machines lorsque des bris étaient rapportés, dit-il.