Dans la poursuite de 600 000 $, le père allègue que la commission scolaire de la Capitale a fait preuve de discrimination et n’a pas offert l’éducation primaire que méritait son fils.

Le père d’un enfant autiste poursuit la commission scolaire de la Capitale

Avant même l’entrée à la maternelle, la commission scolaire de la Capitale savait que Thomas souffrait d’autisme et aurait besoin de soutien à l’école. Ce n’est que cinq ans plus tard que la porte d’une classe spécialisée s’est ouverte pour lui.

Le père de Thomas, Michel Labonté, témoigne cette semaine dans le cadre de la poursuite de 600 000$ qu’il a intenté contre la commission scolaire de la Capitale. Le père allègue que la commission scolaire a fait preuve de discrimination et n’a pas offert l’éducation primaire que méritait son garçon, aujourd’hui âgé de 15 ans.

En septembre 2007, alors qu’il fréquente une garderie, Thomas reçoit un diagnostic de trouble envahissant du développement (TED), une forme d’autisme. Le garçon est docile, gentil avec les adultes, mais peine à entrer en contact avec les autres enfants.

Son père se rappelle comment, lorsqu’il jouait avec Thomas, son garçon replaçait toujours les trains de façon rectiligne. Et il se revoit encore couvrir les oreilles de Thomas avec ses mains pour ne pas que l’enfant soit effrayé par le bruit des sèche-mains à la salle de bain.

Pas d’évaluation

Lorsque Thomas commence la maternelle à l’école Val-Joli de Val-Bélair, la commission scolaire a déjà reçu tous les rapports médicaux de Thomas. Selon la prétention du père, jamais les autorités scolaires n’ont procédé à l’évaluation des besoins et capacités de l’enfant, tel que le requiert la Loi sur l’instruction publique.

Thomas intègre la classe d’une enseignante d’expérience. Une technicienne en éducation spécialisée aide Thomas. Elles seront trois à se succéder auprès de l’enfant durant l’année scolaire.

Le garçon fait l’objet d’un premier plan d’intervention, qui sera suivi de plusieurs autres. Les parents participent à toutes les rencontres. « On veut être des partenaires », insiste Michel Labonté.

En première année, Thomas a énormément de difficultés avec les notions abstraites, surtout en français et en mathématiques. La période des leçons à la maison s’étire souvent sur plus d’une heure. « Il doit suivre le même rythme que les autres, raconte le père. La charge nous semble trop lourde, mais c’est notre premier enfant, on essaie de suivre la vague. »

Sur papier, les résultats scolaires de Thomas sont suffisants. Jusqu’en 4e année, qu’il devra recommencer.

Liste d’attente

En mars 2011, lorsque Thomas est en deuxième année, le médecin qui le suit fait une recommandation pour que l’enfant intègre une classe spécialisée.

Selon le père, la direction de l’école n’évoquera pour la première fois cette possibilité de classe spécialisée qu’après cette recommandation. Thomas n’y aura accès qu’en 2013, dans la classe Le Petit Prince à l’école des Écrivains, dans le quartier Les Saules. Selon la commission scolaire, ce retard s’explique en raison d’une longue liste d’attente.

Thomas devra faire deux fois sa quatrième année dans sa nouvelle classe spécialisée. Il y termine son cours primaire. Aujourd’hui, il étudie au secondaire, dans une classe spécialisée.

Le procès doit durer neuf jours.