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Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Le pénitencier pour une attaque «acharnée et violente» contre des policiers de Québec

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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Une femme coupable d’avoir agressé cinq policiers de Québec en deux jours écope d’une peine de 27 mois de prison pour une «attaque armée acharnée et violente» envers des agents qui «n’exécutent que leurs fonctions et veulent lui apporter de l’aide».

Karine Larivière, 41 ans, de Charlesbourg, a plaidé coupable à des voies de fait et des voies de fait armées sur des policiers de la Ville de Québec. Elle était au départ accusée de tentative de meurtre.

Le 18 août 2018, les policières Josée Laliberté et Christine Deraiche se sont mises à la recherche de Karine Larivière, qui avait appelé le centre de crise en disant vouloir attenter à ses jours et tuer des policiers.

En fouillant le logement de l’ex-conjoint de Larivière, les policières voient surgir la femme, qui s’était cachée dans un garde-robe, couteau de boucher à la main.

Karine Larivière a tenté à de multiples reprises de poignarder les deux policières. La femme n’a pu être maîtrisée que grâce à l’utilisation, par un troisième policier, du pistolet à impulsion électrique.

La veille, lors de son arrestation pour conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool, Karine Larivière avait donné des coups de pied au visage d’un agent en plus de résister et de cracher en direction d’un autre policier.

La juge Réna Émond de la Cour du Québec n’a pas retenu l’hypothèse de la défense voulant que l’accusée était dans une psychose toxique au moment des faits et que sa responsabilité criminelle était ainsi diminuée.

Le tribunal considère que l’accusée a choisi de consommer alcool et drogue, qui ont affaibli son jugement. Et ultimement, Karine Larivière voulait que les policiers s’en prennent à elle. 

«Les gestes paraissent planifiés, tel un piège tendu à des policières qui se trouvent alors dans une position vulnérable», dit la juge Émond. 

Les policiers sont en poste pour protéger et servir et non pour être utilisé à d’autres fins, rappelle la juge.

«Les policiers font face à des risques, mais n’ont pas à subir une quelconque violence», insiste la juge Émond.

Les deux policières, qui comptent une vingtaine d’années de service, ont témoigné à quel point l’événement avait été marquant pour elles et leurs proches.

De retour au travail dès le lendemain, les policières Laliberté et Deraîche ont dû vivre notamment avec l’insomnie, les «flash-backs» et l’hypervigilance.

Après une thérapie fermée de six mois, l’accusée semble amorcer «une prise de conscience sincère», note la juge Émond. Karine Larivière fait aussi beaucoup d’efforts, ajoute la juge, pour retourner sur le marché du travail et surmonter des problèmes de santé mentale, comme un trouble de personnalité limite sévère.