Le «lecteur de l’âme» acquitté

Le guide spirituel Mario Lavoie peut-il réellement lire l’âme et transférer de l’énergie? Le thérapeute a du moins réussi à soulever un doute raisonnable et doit être acquitté des cinq accusations d’agression sexuelle sur autant de patientes, tranche le juge Jean Asselin.

Mario Lavoie, 55 ans, de Saint-Georges de Beauce, a été arrêté en 2011 lorsque cinq ex-patientes ont porté plainte à la police pour des gestes d’agression sexuelle.

Le masseur se disait guide spirituel, spécialiste de la lecture de l’âme et de la «mise en énergie».

Entre 2004 et 2011, il a rencontré les cinq plaignantes dans son bureau situé au sous-sol de sa maison. La plupart du temps, sa conjointe était présente au rez-de-chaussée.

Les cinq plaignantes, des femmes qui vivaient des difficultés dans leur vie de couple ou des dépressions, ont raconté au procès avoir été charmées par l’approche spirituelle de Mario Lavoie. L’homme, référé par des amies, a rapidement gagné leur confiance.

Elles ont décrit divers attouchements, jusqu’à des relations sexuelles complètes. À l’une, Mario Lavoie aurait touché les seins pour lui transférer de l’énergie. Il aurait promis à une autre de détruire tous ses blocages avec une pénétration vaginale. Il aurait démontré à une troisième comment masser ses seins quotidiennement pour faire fuir le cancer. Il aurait expliqué à une autre qu’elle devait faire des actes sexuels pour guérir d’abus subis dans son enfance. Une dernière plaignante devait se laisser masturber pour soigner des problèmes aux ovaires.

Les plaignantes ont été crues

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a été très clair; il a cru chacune des plaignantes qui ont témoigné devant lui.

«Elles ont témoigné de façon claire et calme et leur récit n’est pas motivé par la vengeance ou la collusion», estime le juge Asselin.

Mais l’accusé Mario Lavoie a lui aussi témoigné de façon tout à fait cohérente et a donné des explications vraisemblables, considère le juge.

Même si l’accusé avait tendance parfois à se victimiser et à blâmer certaines plaignantes, sa version est de nature à soulever un doute raisonnable, dont il doit bénéficier, rappelle le juge en prononçant l’acquittement.

«Ça ne veut pas dire que les gestes ne se sont pas produits, ça veut dire que la poursuite n’a pas pu se décharger de son fardeau de les prouver hors de tout doute raisonnable», insiste le juge Asselin.

Mario Lavoie a fixé droit devant lui et est sorti rapidement de la salle d’audience, sans regarder les plaignantes présentes dans la salle.