L'avocat de Pierre Lévesque, Me Alain Dumas, a tenté de convaincre les trois juges de la Cour d'appel mardi que le juge de ce troisième procès avait lui aussi commis des erreurs, en omettant de faire une directive au jury sur le caractère douteux du témoignage du complice Shawn Denver.

Le juge a commis trois erreurs, allègue Pierre Lévesque

Pierre Lévesque interjette appel de sa déclaration de culpabilité du meurtre de Béatrice Lavoie parce que, allègue-t-il, le juge a commis trois erreurs, notamment en permettant à la poursuite de déposer un bâton de meneur de parade militaire comme arme du crime.
Au terme d'un troisième procès devant jury, Pierre Lévesque, 47 ans, a été reconnu coupable le 20 juin du meurtre de Béatrice Lavoie, 75 ans, et de l'homicide involontaire de Maurille Lepage, 82 ans.
Le couple âgé a été retrouvé ligoté et ensanglanté dans sa maisonnette de Val-Bélair le 9 avril 1994.
Lévesque a aussitôt été condamné à l'emprisonnement à perpétuité.
Dans son avis d'appel déposé le 18 juillet, l'avocat de Pierre Lévesque, Me Alain Dumas affirme que le juge François Huot a commis trois erreurs.
Premièrement, allègue-t-il, le juge Huot a erré en permettant à la poursuite d'informer le jury que le complice de Lévesque, Shawn Denver, a bénéficié d'un arrêt des procédures concernant la mort de Béatrice Lavoie. Denver avait été reconnu coupable du meurtre de Maurille Lepage.
Le magistrat aurait aussi commis une erreur, selon la défense, «en négligeant de servir une mise en garde au jury relativement au caractère douteux du témoignage de Shawn Denver, complice de l'appelant lors des tristes événements».
Pierre Lévesque estime finalement qu'il a été «privé d'un procès juste et équitable» parce que le juge Huot a permis au procureur de la Couronne, Me René Verret, de déposer en preuve un bâton de meneur de parade militaire. «La preuve démontrait l'absence de pertinence de cet objet», affirme la défense.
Témoin-clé de la poursuite, l'ex-conjointe de Denver, Mélanie Diedrich, a affirmé, lors des trois procès, que Lévesque était revenu à leur appartement couvert d'éclaboussures de sang, avec en main un bâton de meneur de parade militaire.
Cet objet avait appartenu au père de Shawn Denver. Selon la poursuite, Lévesque avait frappé Béatrice Lavoie à la tête avec le bâton.
Contrairement aux deux autres procès, où il s'était contenté d'évoquer l'arme, cette fois-ci, Me René Verret avait emprunté un vrai bâton de parade à la fanfare Les Éclairs de Québec et l'a exhibé devant les jurés.
L'avocat de Pierre Lévesque demande à la Cour d'appel de casser la déclaration de culpabilité de meurtre au premier degré et de le remplacer par un verdict d'homicide involontaire ou encore, d'ordonner la tenue d'un nouveau procès - un quatrième en 10 ans - sur l'accusation de meurtre au premier degré.