Jacques Bédard était seul chez lui, vendredi, vers 17h30, lorsqu’un homme cagoulé et armé d’un couteau a fait irruption dans son logement de l’avenue Turcotte, dans le quartier Vanier.

Le joaillier agressé chez lui se raconte

«Je n’ai pas eu le temps de réagir. Il est rentré et il m’a tout de suite mis un couteau sur la gorge, puis il m’a menotté. Il me disait : “tu ne bouges pas mon "esti" sinon je te pique”.»

Jacques Bédard était seul chez lui, vendredi, vers 17h30, lorsqu’un homme cagoulé et armé d’un couteau a fait irruption dans son logement de l’avenue Turcotte, dans le quartier Vanier. Ancien camelot maintenant à la retraite, M. Bédard se consacre depuis le printemps à la confection de bijoux. «C’est un loisir pour moi qui me permet de faire un peu d’argent en vendant ça sur Internet.»

S’il assure qu’il n’a reconnu ni la voix ni les yeux de son agresseur, ce dernier «savait ce qu’il s’en venait chercher», affirme le grand-père. «Il est allé directement ramasser mes bijoux personnels dans une armoire, puis il s’est dirigé vers mon coffre-fort et m’a demandé de l’ouvrir.»

Les mains attachées, assis de force sur une chaise au milieu de chez lui, Jacques Bédard raconte avoir obtempéré. «Les premières images qui me sont venues en tête quand il a sorti le couteau étaient le visage de mes filles et surtout de ma petite-fille. Je veux la voir grandir. C’est ce qui m’a fait rester calme. Je l’ai laissé ramasser tout ce qu’il voulait.» 

Dans le coffre-fort, le voleur aurait mis la main sur 7000 $ en argent et plus d’une dizaine de milliers de dollars en bijoux, principalement en or, affirme le bijoutier amateur. «L’argent qu’il m’a volé, c’est l’héritage de ma femme décédée», explique l’homme qui vit désormais avec sa sœur. «Le voleur est arrivé à peu près à la même heure où ma sœur arrive habituellement. Heureusement, elle était allée faire une commission et il n’y avait que moi.»

Dès que son agresseur a pris la fuite, relate M. Bédard, il s’est empressé, les mains toujours attachées, de barrer la porte puis d’appeler des secours. À l’arrivée des policiers, une scène de crime a rapidement été érigée alors que des enquêteurs le rencontraient. 

Des recherches pour retrouver le suspect, un homme dans la vingtaine, ont été menées dans le quartier Vanier, en soirée, mais en vain. Aucune arrestation n’avait encore été faite dans le dossier, plus de 24h après l’incident.

Biens assurés

Samedi après-midi, lorsque joint par Le Soleil, Jacques Bédard se disait encore ébranlé. «Je suis pas mal fatigué. Je n’arrête pas de penser à ça», expliquait le résident de Vanier. Cela aurait pu être pire pour lui, pointait-il. Il n’a pas été blessé et ses biens étaient assurés. 

S’il est possible que la vente de ses bijoux sur Internet ait mis la puce à l’oreille de quelqu’un sur la présence d’objets de valeur chez lui, le retraité se demandait comment son agresseur a su où se trouvaient les bijoux. «Je suis sûr que je ne le connais pas, mais en rentrant, il est allé directement à mon armoire. Je pense qu’il nous a peut-être espionnés», s’avance-t-il.

Une chose est sûre, M. Bédard n’a plus l’intention de s’adonner à la fabrication de bijoux. «J’arrête ça. Je vends tout mon matériel de confection.»