Le pasteur Paul Mukendi

Le fisc débarque chez le pasteur Mukendi

Le pasteur Paul Mukendi du centre évangélique Parole de Vie devra rembourser plus de 200 000 $ en impôts impayés au fisc québécois.

Assistés de la police de Québec, environ 35 enquêteurs de Revenu Québec était à pied d’oeuvre tôt jeudi matin pour perquisitionner deux résidences appartenant à Mukendi ainsi que l’église Parole de Vie du boulevard Pierre-Bertrand.

Ils ont saisi une abondante preuve documentaire et informatique, qu’ils devront analyser avant de décider si des infractions pénales doivent être déposées, indique la porte-parole de Revenu Québec, Geneviève Laurier.

En journée, Revenu Québec a déjà obtenu des autorisations judiciaires pour procéder à l’inscription d’une hypothèque légale immobilière sur les biens du pasteur.

L’une des maisons du pasteur a une valeur de 450 000 $. Paul Mukendi possède plusieurs comptes bancaires et lui et sa femme conduisent des voitures de fort prix. 

À la cour, le pasteur Mukendi peinait à dire combien de revenus il tirait de ses prêches et des dons des fidèles. Il a évoqué une somme de 200 000 $ en 2015.

Revenu Québec évalue à plus de 475 000 $ les revenus non déclarés par le pasteur entre 2012 et 2016.

Le pasteur Paul Mukendi, 40 ans et sans antécédent judiciaire, est accusé d’agressions sexuelles et de voies de fait sur trois ex-fidèles de l’église Parole de Vie. L’une des plaignantes était âgée de seulement 14 ans au début des infractions alléguées.

Pas de passeport

Mukendi s’est adressé à la Cour du Québec il y a quelques jours pour faire modifier ses conditions de remise en liberté. Le pasteur voulait ravoir son passeport et quitter le Canada pour aller faire des discours à l’étranger, notamment en Afrique. En juillet, il voulait aussi se rendre dans son pays d’origine, le Congo, pour une cérémonie en hommage à son père, décédé l’été dernier.

Le juge Steve Magnan a refusé sa requête. Les conditions de remise en liberté, acceptées par Mukendi lors de sa comparution, sont justifiées vu la gravité des accusations, note le juge. L’accusé n’a présenté aucun élément nouveau qui justifierait une révision des conditions, estime le juge.

L’avocate de Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand, qualifiait les risques que son client fuie la justice «d’inexistants». Le juge n’est pas de cet avis et rappelle que le Canada n’a aucun traité d’extradition avec le Congo.

Rien n’empêcherait la femme du pasteur, congolaise, de venir rejoindre son mari et d’amener ses filles avec elle. Avec le vaste réseau de contact dont le pasteur dispose, «le Tribunal est sceptique qu’il ne réussirait pas à convaincre des gens en Afrique de lui donner à nouveau de l’argent en échange de ses discours», écrit le juge Magnan.