Les médecins du Centre hopistalier de l’Université de Montréal ont commencé à diminuer la médication de Sabryna Mongeon. La Gatinoise qui a été amputée aux bras et aux jambes commence à comprendre l’ampleur de sa situation, a noté sa sœur Samantha. « Mais elle a un bon moral. Elle fait même des petites blagues. »

Le début d’une nouvelle vie pour Sabryna

CHRONIQUE / «Je suis contente d’être en vie, Maman.»

Sabryna Mongeon a prononcé ces paroles à sa mère, vendredi. Sa sœur, Samantha Mongeon, raconte ce moment touchant avec beaucoup de fierté dans la voix. Fière est-elle de sa sœur cadette qui a combattu pour sa vie et qui combat toujours. «Sabryna ne regrette aucunement son choix» de dire Samantha.

Ce choix, c’est celui de vivre plutôt qu’abdiquer. C’est le choix que les médecins du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ont donné à Sabryna avant de lui amputer les deux jambes et les deux bras. Et la jeune fille de 18 ans leur a donné le feu vert. Elle n’avait pas courageusement combattu et survécu pendant quatre heures dans un froid extrême, souffrant de graves brûlures et d’engelures, pour se laisser mourir.

Et plus les jours avancent, plus Sabryna reprend vie.

«Sabryna s’est assise dans son lit, vendredi dernier, pour la première fois depuis son accident, de reprendre Samantha. Mais pas longtemps puisqu’elle a eu de fortes nausées. Mais les médecins disent que c’est normal »

«J’ai pu parler à Sabryna de la vague d’amour qui l’entoure et de la campagne de sociofinancement que j’ai créée. Elle trouve ça incroyable. Et elle remercie tous les gens qui ont donné et qui l’appuient. Elle n’en revient tout simplement pas. Et son moral est bon. Mais plus les jours avancent et plus les médecins diminuent la médication. Donc Sabryna commence peut-être à comprendre un peu plus l’ampleur de la situation. Mais elle a un bon moral. Elle fait même des petites blagues.»

Samantha se trouvait à sa résidence de Buckingham, il y a quelques jours, et elle et son fils de quatre mois, Lucas — le filleul de Sabryna —, parlaient avec cette dernière via FaceTime. 

«C’était vendredi dernier, de raconter Samantha. Sabryna était assise dans son lit d’hôpital et elle avait un petit tube dans le nez. À un moment donné, elle a dit à mon fils: “Regarde Lucas, j’ai une trompe d’éléphant.” Puis elle s’est mise à faire des bruits d’éléphant pour faire rire son filleul. C’était comique. Malgré tout.»

Sabryna Mongeon est soignée à l’unité des grands brûlés du CHUM.

La mère de Sabryna, Sophie Robertson, est au chevet de sa fille depuis le début de ce cauchemar. 

«Mais ma mère trouve ça dur par moments, de dire Samantha. Elle trouve ça difficile parce qu’elle n’a pas toute l’aide et tout l’appui qu’elle souhaiterait obtenir de la part de l’équipe en psychiatrie de l’hôpital. Tu sais, quand Sabryna demande: “Maman, ils sont coupés où mes bras et mes jambes?”, c’est une question plutôt simple à répondre. Mais dans ce cas-ci, comment répondre pour que Sabryna le prenne bien et pour ne pas la bouleverser? Donc ma mère trouve ça parfois difficile. Mais elle est forte, c’est incroyable. Et grâce à la générosité des gens, elle peut rester avec Sabryna du matin au soir.» 

La Gatinoise Sabryna Mongeon a été amputée de ses bras et de ses jambes à la suite d’un grave accident survenu dans la nuit de Noël. Elle est soignée à l’unité des grands brûlés du CHUM depuis ce tragique accident dans lequel elle a été électrocutée. Elle a miraculeusement survécu seule dans le froid pendant quatre heures avant qu’un passant l’aperçoive et lui porte secours.

À midi, dimanche, la campagne de sociofinancement lancée en ligne par sa sœur avait permis d’amasser plus de 160 000 $.

*****

Dans une chronique publiée il y a deux mois et intitulée «L’âme de Montfort», je vous ai présenté Gilles Ménard, un résident d’Embrun qui offrait depuis plus de 11 ans près de 40 heures par semaine de bénévolat à l’Hôpital Montfort.

«Tant que je le pourrai, je vais remettre de mon temps à la société, m’avait-il dit. On voit toujours des plus malades que nous. Et je pense que chacun d’entre nous a une certaine responsabilité envers la société», avait-il ajouté.

Or, c’est avec une immense tristesse que j’ai appris le décès de M. Ménard. Il s’est éteint mercredi dernier à l’âge de 72 ans après une longue lutte contre une maladie pulmonaire.

Mes sincères condoléances à sa famille, à toute l’équipe de l’Hôpital Montfort et à l’armée de bénévoles de cette institution. Son chaleureux sourire nous manquera.

Merci pour tout, M. Ménard.