La fillette de 8 ans a été happée mortellement par une chargeuse-pelleteuse le 1er décembre.

Le corps de la fillette camerounaise happée à mort sera rapatrié au Cameroun

Le périple de Michelle Solaye jusqu’à son dernier repos n’en est qu’à ses tout débuts. La dépouille de la fillette de 8 ans, happée mortellement par une chargeuse-pelleteuse le 1er décembre, sera rapatriée au Cameroun, où elle sera enterrée aux côtés de son grand-père.

Malgré tous les défis et les sacrifices qui s’y rattachent, la famille Tchoutouo a décidé de rendre l’ultime hommage à leur protégée en vertu des traditions camerounaises. Après une messe commémorative à Québec samedi soir, toute la famille s’envolera vers le continent africain pour une série de cérémonies dans leur pays d’origine. Pays qu’elle a quitté il y a cinq ans. 

«Je me suis engagé à aller enterrer ma fille auprès de mon père que j’ai enterré l’année dernière. […] Je le fais par conviction. Toute la famille [Hypolyte, sa conjointe et leurs autres filles] va y aller. Quand survient un décès comme ça par accident, on a des us et coutumes qu’on doit traverser», a expliqué au Soleil Hypolyte Tchoutouo, le père de la victime.

Les frais associés à une telle démarche sont très élevés. Un proche de la famille a confié que cela pouvait représenter des dépenses de plus de 12 000 $. «Je ne me pose aucune question», a affirmé M. Tchoutouo. «C’est quelque chose d’inné chez moi. L’an dernier, c’était mon père et je suis allé l’enterrer. Maintenant, c’est ma fille. […] Je vais travailler pour rembourser, c’est pas grave», a-t-il dit avec aplomb.

Le voyage outre-Atlantique, qui devrait durer quelques jours, culminera dans la région de Bamena, où sera enterrée Michelle Solaye. Selon la tradition camerounaise, les proches sont inhumés au village natal du paternel. 

Mais avant toute chose, ce sera aux amis et aux proches de la famille, ici à Québec, de faire leurs adieux à la jeune disparue. «Avec mon épouse, on a pensé qu’il fallait lui rendre hommage de la meilleure des façons ici à Québec d’abord», a raconté M. Tchoutouo. 

Bien qu’elle soit née en Afrique, Michelle Solaye a passé plus de la moitié de sa vie ici. «Elle ne connaît même pas le Cameroun. Sa vie, c’est Québec», a dit son père. «Pour nous, c’est un peu comme un double enterrement. […] On voulait rendre un hommage en présence de tous ceux qui ont toujours aimé Michelle Solaye, qui ont toujours aimé la famille.»

Cette messe commémorative aura lieu samedi soir à compter de 18h à l’église Saint-Pierre-aux-Liens (4252, rue Des Roses). 

«Un enfant spécial»

Le Soleil a pu discuter avec le diacre de la paroisse Saint-Charles-Borromée, Simon Nadeau, qui présentera l’homélie. Ce dernier se souvient bien de Michelle Solaye, ayant servi pour son baptême. 

«Tu sentais que c’était un enfant spécial par la bonté qui l’habitait», a-t-il relaté, se rappelant également de son sourire, louangé par de nombreux proches. «Michelle Solaye était une petite fille tellement expressive qu’à chaque fois qu’on se rencontrait, elle se jetait dans nos bras. C’était dans sa nature. […] C’est un moment qui n’est pas facile.»

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix rendra visite à la famille avant la cérémonie. Le Diocèse de Québec a tenu à manifester son soutien à la communauté camerounaise, très pratiquante et dynamique dans la capitale. 

Ceux qui voudraient soutenir la famille Tchoutouo peuvent prendre contact par la page Facebook «Coup de cœur pour Michelle Solaye» ou à l’adresse courriel thypson2000@yahoo.fr.