La Cour du Québec vient d'ordonner à un homme de Québec de remettre le chien, de race épagneul et cocker anglais, à son légitime propriétaire, la Fondation Corazón.

Le chien Cariño retourne chez lui

Le chien d'assistance Cariño, détecteur des baisses de glycémie, appartient à la Fondation Corazón et non à son maître diabétique qui le retenait depuis trois ans.
La juge Chantal Gosselin de la Cour du Québec vient d'ordonner à un homme de Québec, Jean-Pierre Gendreau, de remettre le chien, de race épagneul et cocker anglais, à son légitime propriétaire, la Fondation Corazón. En date de lundi, le toutou avait été remis.
Un peu à l'image de Mira pour les aveugles, la Fondation Corazón entraîne des chiens d'assistance pour les diabétiques. En léchant leur maître, les animaux peuvent détecter des baisses de glycémie et éviter des épisodes de coma, même en pleine nuit.
En décembre 2013, Anne-Marie Josée Gauthier, directrice de la Fondation Corazón et entraîneuse, accepte de prêter Cariño, le chien démonstrateur de l'organisme, à Jean-Pierre Gendreau, qui souffre de diabète de type 1 depuis son enfance. 
Une entente verbale est conclue entre les parties. Jean-Pierre Gendreau s'engage à continuer l'entraînement du chien, à le rendre disponible pour toutes les activités de la Fondation et à le redonner lorsque l'entraînement de son propre chiot sera terminé.
Selon la preuve faite au procès, Jean-Pierre Gendreau a failli à plusieurs obligations.
M. Gendreau a plaidé lui que la Fondation Corazon avait accepté qu'il garde le chien, aujourd'hui âgé de 12 ans.
À l'été 2014, le diabétique refuse de se séparer de son chien d'assistance, qui lui a sauvé la vie à plusieurs reprises, a-t-il dit.
La Fondation envoie une mise en demeure à M. Gendreau. La directrice aura des paroles très dures sur Facebook, parlant de « vol ».
M. Gendreau et son conjoint Dany Jobin vont aussi traiter la Fondation Corazón « d'escroc » dans des commentaires sur le web.
Pas un don
Aux yeux de la juge Gosselin, il est clair que Cariño était un prêt et non un don. Le geste de retenir le chien était « le fruit d'un malheureux entêtement », dit la juge.
« M. Gendreau a abusé du privilège que la Fondation lui accordait exceptionnellement de recevoir les services d'un chien d'assistance immédiatement sans devoir attendre, contrairement aux autres utilisateurs, que l'entraînement du chien d'assistance qui lui serait éventuellement jumelé ne débute », conclut la juge.
Jean-Pierre Gendreau et son conjoint sont condamnés à payer 25 000$ à la Fondation Corazón pour compenser la perte de son chien-vedette durant trois ans et 5000$ à Anne-Marie Josée Gauthier pour les préjudices et stress subis.
Le Tribunal estime que la directrice de la Fondation Corazón et un de ses collaborateurs ont diffamé le couple Gendreau-Jobin sur Facebook ; ils devront leur verser 2200$. 
Le message de Dany Jobin sur le site du Huffington Post était lui aussi diffamatoire, conclut la Cour, qui condamne le couple à payer 5000$ à la Fondation en guise de réparation. 
« Le Tribunal doit désapprouver l'utilisation de Facebook à des fins de défoulement ou pour faire passer sa frustration », écrit la juge Gosselin.